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Pouquoi Donne-t-on des Cours Magistraux?: Introduction

"J'oublie ce que j'entends;
Je me rappelle ce que je vois;
Je comprends ce que je fais."
 -Vieux proverbe chinois

Plus récemment cet axiome a été exprimé en termes quantitatifs par Dale (1969) comme le démontre le Tableau 1.

Etant donné que l'enseignement interactif, où l'enseignant et l'étudiant sont activement (et également) engagés dans le processus d'apprentissage, est bien plus réussi que la méthode d'exposé unilatéral, on se demande pourquoi les médecins qui enseignent consacrent tant de temps et d'énergie à la préparation de la "conférence parfaite." La raison en est peut-être que la plupart des médecins enseignants n'ont aucune formation formelle en pédagogie. Par conséquent, beaucoup d'entre nous--y compris moi-même pendant bien des années--passent la plupart de nos carrières d'enseignant à nous demander pourquoi les étudiants n'écoutent pas mieux nos paroles profondes s'ils désirent élargir leurs connaissances, ou bien, pourquoi (à notre insu) ils nous qualifient souvent de "vieux pédants assomants."

Pendant des siècles, c'est l'exposé unilatéral qui a été la méthode prédominante pour la transmission des informations et des connaissances. Cette méthode fût utilisée pour apporter beaucoup de matière en peu de temps à de grands groupes, pour garder tous les membres du groupe au même niveau sur les mêmes points et pour contrô le facteur du temps.

Le principal avantage de cette méthode est probablement le fait que, entre les mains d'un professeur dynamique et enthousiaste, plongé dans le sujet, elle peut impartir une vision aux étudiants et les imbiber d'un esprit et d'un amour pour le sujet. Or, des observations méticuleuses montrent que les exposés ne sont souvent pas accompagnés de discussion, de questions ou de pratique immédiate et que, même quand ils sont suivis par un test, ils constituent une communication "àsens unique" et une méthode déficiente d'apprentissage.

De même, on se demande pourquoi tant de professeurs de médecine sont des tyrants dans la salle d'opération, créant des situations exagérées de stress au moyen de la peur, en pensant à tort que ce stress constitue un outil d'apprentissage efficace. Il est évident que nous portons des œillères, car tout autour de nous un apprentissage efficace se passe sans utiliser le stress ou la peur. Est-ce qu'il est tellement plus difficile d'apprendre des techniques chirurgicales que d'apprendre à bien jouer au tennis? Je ne le pense pas, parce que j'ai appris les deux moi-même. Même la création d'une nouvelle anastomose des trompes par microchirurgie ne demande pas de compétences plus raffinées que l'exécution d'un coup de revers pour faire vriller la balle. D'ailleurs, l'apprentissage de ce coup de revers parfait, guidé avec patience par un encadreur qui m'a constamment fourni un encouragement constructif, qui m'a constamment rassuré et encouragé, était beaucoup plus agréable que d'appréhender de faire une gaffe en salle d'opération devant le "grand prof" lorsque j'étais médecin résident.

Tableau l. Rappel de ce qui a été Appris Suivant le Type de Présentation

Type de Presentation Capacite de Rappel
  après 3 heures après 3 jours
Verbale (exposé unilatéral) 25% 10 - 20%
Ecrite (lecture) 72% 10%
Visuelle et verbale (exposéillustré) 80% 65%
Participative (jeux de rô, études de cas, pratique) 90% 70%

D'après: Dale 1969

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