L'utilisation de modèles anatomiques et d'autres aides pédagogiques pour simuler des
situations réelles constitue la troisième composante de notre approche à la formation.
Quand il s'agit d'un geste clinique, tel que l'insertion d'un DIU ou d'une ponction
lombaire, on appelle cette composante la méthode de la formation humaniste
(McIntosh1992).
Les enseignants en médecine utilisent des modèles anatomiques pour la démonstration
depuis bien des années. Or, jusqu'à ces derniers temps, la plupart des enseignants en
médecine s'abstenaient d'utiliser des modèles pour aider les étudiants à apprendre (ou
à pratiquer) les compétences ou les comportements voulus. Cette hésitation est due en
partie au manque de modèles adéquats qui simulent de près le corps humain, ou d'autres
aides d'apprentissage, tels que des logiciels d'ordinateur interactifs. Pour les
médecins, pourtant, la raison est plus fondamentale--une raison profondément enracinée
dans la croyance que les interventions chirurgicales ne peuvent être apprises qu'avec des
patients. Mais, partout autour de nous, on trouve des exemples qui vont à l'encontre de
cette croyance--des situations où l'utilisation de simulateurs constitue la norme, pas
l'exception. Par exemple, depuis bien des années les compagnies aériennes commerciales
exigent que les pilotes apprennent d'abord à piloter des 747 et des airbus dans un
simulateur aéronautique.
Utiliser des méthodes d'enseignement plus humanitaires est un facteur important dans
l'amélioration de la qualité de la formation en compétences (Delker 1990, Norton 1987).
C'est en travaillant avec des modèles (simulateurs) que les étudiants peuvent apprendre
(et pratiquer à maintes reprises) les étapes (et leur séquence) nécessaires pour la
réalisation en toute sécurité d'un geste ou d'une activité médicale. S'exercer à
l'insertion d'un DIU sur un modèle de bassin, par exemple, avant de le faire chez une
cliente a beaucoup d'avantages; cela minimise la possibilité pour l'étudiant de faire
une erreur sur une cliente et permet à l'étudiant d'apprendre le geste dans une
atomosphère plus détendue.
De plus, l'utilisation des modèles pour l'apprentissage:
- facilite l'acquisition des gestes et de la compétence (voir Tableau
3);
- diminue le nombre de cas nécessaires pour atteindre la compétence;
- permet la formation en compétences cliniques dans la salle de classe à des heures où
la clinique n'est pas ouverte;
- rend la formation possible dans des centres où il y a peu de cas; et
- raccourcit le temps de la formation fondamentale, la rendant ainsi moins coûteuse.
Tableau 3. Niveaux de performance
| Acquisition de la compétence |
Connaît les étapes et leur séquence
(si nécessaire) pour pratiquer le geste ou l'activité demandée mais a besoin d'aide. |
| Maîtrise de la compétence |
Connaît les étapes et leur séquence et
peut pratiquer le geste ou l'activité demandé. |
| Maîtrise parfaite de la
compétence |
Connaît les étapes et leur
séquence et pratique efficacement le geste ou l'activité demandé. |