Pour assurer la réalisation de modifications significatives de l'enseignement
médical, il faut d'abord que les enseignants se rendent compte de l'importance d'une
évaluation objective de la performance des étudiants. En l'absence d'instruments
d'évaluation soigneusement conçus ou de toute autre définition vérifiable de la
compétence des étudiants, le fait de prétendre qu'une évaluation est efficace n'est
qu'une déclaration sans fondement. Par exemple, pendant un récent séminaire en matière
d'apprentissage par télétransmission, le président du comité des standards
académiques d'une école de médecine réputée, lorsqu'on lui a posé la question,
"Que faites-vous pour évaluer la qualité de votre enseignement?" a répondu
sans hésiter, "Nous n'en avons pas besoin parce que notre corps enseignant est le
meilleur du monde." Dans les années à venir, l'excellence académique sera mesurée
de plus en plus en termes quantifiables, et pas seulement par la réputation de
l'institution ou par des frais de scolarité élevés.
A présent, les écoles de médecine partout dans le monde n'ont pas encore de système
pour évaluer leurs étudiants de manière générale, à part les notes, généralement
reconnues comme étant de mauvais indicateurs des capacités des étudiants. Les notes
constituent aussi un conflit d'intérêt inné parce que c'est la personne qui enseigne
qui les assigne. En outre, même au sein d'un même département académique, les
enseignants ont rarement essayé de créer un standard uniformisé pour un même cours.
Par conséquent, les notes données par les enseignants varient énormément. Pour
corriger ces problèmes, les enseignants des facultés de médecine doivent commencer à
spécifier en termes comportementaux les connaissances et les compétences qu'ils
attendent de leurs diplôés, et le niveau auquel ils doivent les maîtriser. Sans de tels
standards, il est impossible de développer des mesures d'évaluation fiables et valides.