Dans l'éducation médicale et en matière de soins de la santé, le cours magistral a
mauvaise réputation. Edlich (1993) estime que le format du cours magistral à l'intention
de groupes importants d'étudiants est désuet et inefficace. McIntosh (1996) observe que
la présentation d'une conférence est souvent un procédé à sens unique, sans
discussion, questions ou application pratique immédiate, ce qui en fait une mauvaise
méthode d'enseignement. Alors, pourquoi donne-t-on des cours magistraux? La plupart des
enseignants apprennent à enseigner par le biais de leur expérience en tant
qu'étudiants. Cette approche, "j'enseigne comme on m'a enseigné" a tendance à
perpétuer le cours magistral comme étant une méthode passive, à sens unique pour la
transmission de l'information. Le manque de formation des enseignants en matière de
présentation de cours magistraux efficaces est peut-être l'aspect le plus faible du
cours magistral, plutô que la méthode elle-même.
La description d'un cours magistral ressort généralement du point de vue de
l'enseignant, et le besoin de l'étudiant d'interagir avec le conférencier n'est pas pris
en considération. En fait, le manque d'interaction est considéré comme l'une des
limitations principales du cours magistral traditionnel (Munson 1992). En outre, lorsque
les étudiants ont des copies des notes du cours ou bien un texte, un nombre considérable
d'entr'eux préfèrent les lire plutô que d'assister à un cours où il y a peu ou pas
d'interaction (Edlich 1993).
Dans une étude des compétences d'enseignement clinique de moniteurs d'étudiants en
médecine, Price et Mitchell suggèrent que "L'enseignement et l'aprentissage
cliniques doivent constituer une expérience stimulante par laquelle les étudiants, par
le biais d'un enseignement interactif extensif, peuvent gagner une compréhension
conceptuelle totale." Price et Mitchell citent aussi une évidence que
l'apprentissage interactif est accru par le biais d'une utilisation efficace de
compétences pédagogiques clés, y compris les questions, les démonstrations, le
renforcement positif et la récapitulation.
De même, pour appuyer la valeur du cours magistral en éducation médicale, Vella
(1992) recommande l'utilisation d'activités d'appren-tissage interactives, y compris
l'analyse des études de cas, des exercices de résolution de problèmes, des
présentations par les étudiants et du travail coopératif en groupe par les étudiants.
Selon Twigg (1994), des études récentes ont montré que la majorité des étudiants
universitaires sont des étudiants actifs ayant besoin d'expériences qui engagent leurs
cinq sens. Cavanagh, Hogan et Ramgopal (1995), lors d'une évaluation des styles
d'apprentissage d'infirmiers-étudiants, ont recommandé l'utilisation d'une variété de
méthodes d'enseignement, mettant l'accent sur l'apprentissage participatif et basé sur
l'expérience.
Le Tableau 1 fait la comparaison entre une
conférence efficace et une conférence inefficace. Dans une conférence efficace, active,
le conférencier engage les étudiants par le biais d'une approche hautement interactive
et participative, utilisant une variété de techniques pédagogiques. En raison des
questions, de l'interaction et de la participation, les étudiants sont activement
engagés et connectés à l'enseignant. Par contre, lors d'une conférence inefficace,
passive, le conférencier se tient debout devant un pupitre et parle avec un minimum
d'interaction avec les étudiants. Il n'est guère étonnant qu'au bout de quelques
minutes, les étudiants perdent leur concentration, car il n'y a que peu ou pas de
stimulation.
| Qualités d'une conférence efficace |
Qualités d'une conférence
inefficace |
| Interaction entre l'enseignant et l'étudiant |
L'enseignant parle 100% du temps, interaction limitée
ou inexistante |
| Communication dans les deux sens |
Communication à sens unique |
| Questions posées par l'enseignant aux étudiants |
Peu ou pas de questions (de la part de l'enseignant ou
des étudiants |
| Responsabilité mutuelle pour l'apprentissage actif |
L'étudiant dépend de l'enseignant pour toutes les
informations |
| Activités en petit groupe pour la résolution de
problèmes |
Pas d'activités des étudiants |
| Des médias variés à l'appui |
Pas de médias à l'appui |
| Les étudiants n'ont pas besoin de prendre beaucoup de
notes. (On leur donne des photocopies des notes) |
Les étudiants doivent prendre beaucoup de notes |
Le cours magistral convient
quand il s'agit de: |
Le cours magistral ne convient pas
quand il s'agit de: |
| Disséminer des informations rapidement à un grand
auditoire |
Présenter des informations compliquées, détaillées
ou théoriques |
| Présenter des informations nouvelles avant d'utiliser
d'autres médias ou d'autres activités (par exemple: une courte présentation avant de
passer une cassette vidéo) |
Traiter des informations concernant les sentiments et
les attitudes |
| Fournir une vue d'ensemble d'un sujet |
Donner une formation en compétences psycho-motrices
(où l'on apprend en faisant) |
| Eveiller de l'intérêt sur un sujet |
Enseigner des compétences cognitives (par exemple: la
synthèse et l'évaluation) |