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Dans de nombreuses régions du monde, une
femme passe à l’âge adulte quand elle devient mère. La maternité
est source de fierté, elle assure la continuation de la lignée, elle
renforce les liens entre les femmes d’une communauté qui aiment à
partager leurs expériences et, souvent, elle garantit à l’épouse un
mariage plus stable et une sécurité économique.
«Il est des cultures dans lesquelles une femme
n’atteint vraiment le statut d’adulte que le jour où elle devient mère»,
raconte Mme Priscilla Ulin, qui est actuellement consultante chez FHI et
qui a été directrice-adjointe du Projet d’études sur les femmes,
une initiative entreprise par FHI entre 1993 et 1998. Ce projet
multinational étudiait l’impact de la planification familiale sur la
vie des femmes.1 «Les résultats du Projet d’études sur
les femmes nous montrent clairement que, dans la majeure partie du
monde, les femmes ont un fort désir de prouver et de protéger leur
fertilité.»
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| Une femme fière de sa maternité. Dans
certaines cultures, les femmes ne sont respectées et considérées
comme adultes que le jour où elles deviennent mères. |
La santé et le bien-être d’une femme ou
des membres de sa famille peuvent dépendre du report de la venue du
premier enfant ou de l’espacement des naissances ultérieures. Mais,
«si de nombreuses femmes connaissent les avantages de la planification
familiale, elles craignent parfois que certains contraceptifs, notamment
les méthodes hormonales et les dispositifs intra-utérins (DIU),
puissent les rendre infertiles. Bien que non fondées, ces craintes les
font renoncer à des moyens anticonceptionnels très efficaces ou les
poussent à en abandonner l’utilisation», explique Mme Ulin.
Les prestataires qui s’occupent de
clientes se trouvant dans la phase la plus féconde de leur vie procréative
ne doivent pas oublier que ces craintes existent. Il faut qu’ils
s’efforcent de les dissiper en expliquant que les contraceptifs ne
rendent pas stériles. Aux femmes qui accordent une grande valeur à
leur fertilité, on doit fournir les moyens de se protéger contre les
infections sexuellement transmissibles (IST), car certaines peuvent
conduire à une maladie inflammatoire pelvienne (MIP), une cause fréquente
de stérilité acquise. Il faut aussi que les prestataires soient
conscients du fait que les buts génésiques, les comportements sexuels
ainsi que les besoins contraceptifs et prophylactiques d’une femme
changent au fil de sa vie procréative.
Phases de la vie procréative
La vie procréative d’une femme dure
habituellement une quarantaine d’années et peut se diviser en
plusieurs phases. Selon Jacqueline Darroch de l’institut Alan
Guttmacher, aux Etats-Unis, on distingue les cinq périodes suivantes2:
- Période allant des premières règles (ménarche)
au premier rapport sexuel
- Période allant du premier rapport sexuel au
mariage
- Période allant du mariage à la première
naissance
- Période allant de la première naissance au
dernier enfant désiré
- Période allant du dernier enfant désiré à
la ménopause
(La vie procréative d’une femme ne
s’accorde pas toujours à ce modèle. Il arrive que des phases soient
sautées ou répétées.)
Chaque phase se caractérise par des
besoins anticonceptionnels et prophylactiques particuliers. Durant la
seconde phase par exemple, celle allant du premier rapport sexuel au
mariage, une femme pourra avoir de multiples partenaires. Même si elle
souhaite ne pas avoir d’enfant et protéger en même temps sa fertilité,
elle est souvent plus exposée à un risque d’IST ou de grossesse
accidentelle qu’à d’autres stades de la vie procréative. Cette
différence s’explique avant tout par des relations sexuelles imprévues
et par un usage moins systématique de préservatifs ou d’autres
contraceptifs. D’après une enquête menée au Zimbabwe avec un échantillon
représentatif de 2.465 femmes âgées de 15 à 49 ans, il semble que
l’emploi de contraceptifs soit peu fréquent durant cette phase. Selon
la recherche conduite dans le cadre du Projet d’études sur les femmes
par FHI et par l’université de Zimbabwe, seulement 15% des
participantes de moins de 31 ans ont déclaré s’être protégée avec
un contraceptif lors de leur premier rapport sexuel. Cet événement se
produit habituellement avant le mariage. Dans ce groupe, le taux
d’utilisation de méthodes contraceptives demeurait toujours faible au
moment du mariage (11%).3
Durant la troisième phase de
la vie procréative, une femme mariée depuis peu pourra vouloir différer
la conception de son premier enfant tout en protégeant sa fertilité.
C’est ce qu’a montré par exemple une étude conduite au Maroc en
2001 à partir d’une enquête nationale datant de 1995 et ayant porté
sur 4.753 sujets. Dans ce pays, les femmes mariées tendent
aujourd’hui à retar-der la conception d’un premier enfant. D’après
les chercheurs, il est possible que ce phénomène soit lié aux coûts
croissants du logement. De plus en plus souvent, les couples marocains
mariés commencent en effet leur vie commune au domicile de parents sans
fonder immédiatement leur propre foyer.4
Pendant la quatrième phase,
la femme pourra vouloir espacer la naissance de ses enfants tout en préservant
sa fertilité. Durant ces années de procréation, le risque d’IST est
faible si les deux membres du couple restent monogames. Tant qu’une
femme se trouve dans l’une des quatre premières phases de sa vie
procréative (du premier rapport sexuel à la dernière naissance désirée),
il faut que le prestataire évalue son besoin de protection contre les
IST, car une infection contractée à un moment quelconque peut avoir
des répercussions ultérieures sur sa fertilité.
«A travers toute l’Afrique, les
prestataires consacrent une grande partie de leur temps aux cas
d’infertilité», fait observer le docteur Samuel Sinei, professeur de
gynécologie et d’obstétrique à l’université de Nairobi, au
Kenya. «Les femmes infécondes ont des mariages moins stables qui se
terminent souvent par un divorce. Quand cela se produit, elles sont en général
incapables de survivre au plan économique. Un grand nombre se tournent
vers la prostitution et s’exposent ainsi aux risques de contamination
par des IST et par le VIH. C’est une situation déplorable, d’autant
plus que ces infertilités sont souvent évitables. La plupart des cas résultent
d’IST acquises vers la fin de l’adolescence. Quand ces femmes
deviennent adultes, elles sont déjà infécondes.»
«C’est pourquoi les prestataires doivent
informer leurs clientes sur les moyens de protéger leur fertilité»,
souligne le docteur Sinei. «Une approche possible consiste à
promouvoir le préservatif en tant que protecteur de cette fertilité.
On peut ainsi espérer motiver les couples à l’utiliser régulièrement.»
Fertilité et préservatifs
Employés de manière correcte et systématique,
les préservatifs sont des contraceptifs efficaces. Et ils protègent
contre le VIH et la gonorrhée. On estime qu’ils ont également une
action prophylactique contre d’autres IST pouvant conduire à une
infertilité.5 Une gonorrhée ou une chlamydiose non traitée
peut nuire à la fertilité aussi bien chez l’homme que chez la femme.6
Comme l’herpès et la syphilis, elles ont des effets pathologiques
chez la femme enceinte: elles peuvent en effet provoquer fausses
couches, accouchements prématurés et enfants morts-nés.7
Les prestataires doivent donc évaluer le risque infectieux de chacune
de leurs clientes (en tenant compte de la prévalence des IST et du VIH
dans la communauté, ainsi que des risques comportementaux personnels).
Si ce risque semble élevé, le prestataire devra inciter la femme à se
protéger avec des préservatifs. Il faut encourager les sujets à
risque à s’en servir dans un but prophylactique, même si la cliente
utilise déjà une autre méthode contraceptive.
Les prestataires doivent insister sur la nécessité
d’un emploi correct et systématique du préservatif. Si le partenaire
est infecté par une gonorrhée ou une syphilis, le risque de
contamination de la femme est d’environ 50% à chaque rapport sexuel
non protégé.8 La probabilité de contracter une gonorrhée
dans ces conditions est presque deux fois supérieure à celle de tomber
enceinte, même durant la phase de fertilité maximale. (Cette
probabilité est sans doute légèrement inférieure s’il s’agit
d’une chlamydiose ou d’une IST virale, notamment d’une infection
par le VIH.9)
Le docteur Ward Cates, président de Family
Health Institute, une des branches de FHI, note cependant qu’on peut
favoriser un emploi plus fréquent du préservatif en encourageant son
utilisation surtout dans les situations à haut risque. «En conseillant
aux femmes de se protéger avec un préservatif à chaque rapport sexuel,
on risque de trop leur demander et de les pousser finalement à
l’abandonner complètement, tandis qu’en promouvant son usage dans
les situations à haut risque, il se peut qu’on obtienne, au bout du
compte, un plus grand nombre d’actes protégés.»
Certains chercheurs ont suggéré qu’en
encourageant l’emploi d’un contraceptif, — idéalement, le préservatif
—, lors de la reprise des relations sexuelles peu après un
accouchement, on peut espérer réduire le nombre des liaisons extra-conjugales
et non protégées du mari et prévenir ainsi chez l’épouse une
contamination secondaire par des IST menaçant sa fertilité. En Côte
d’Ivoire, on croit souvent que le sperme peut empoisonner le lait
maternel. Cette croyance incite bien des couples à ne reprendre leur
activité sexuelle que longtemps après la naissance. Mais les hommes
pratiquant cette abstinence post-natale sont aussi deux fois plus
susceptibles que les autres d’avoir des liaisons sans protection.
C’est ce qu’a révélé une étude réalisée en 2001 et basée sur
l’Enquête démographique et de santé (EDS) conduite dans le pays en
1994. Les chercheurs ont noté qu’on pourrait peut-être promouvoir le
préservatif comme un moyen protégeant le lait maternel.10
Une étude conduite en 2002 a montré l’existence de croyances
identiques au Nigeria. Le sperme y est aussi considéré comme un poison
pour le lait maternel et les hommes ont des comportements similaires
durant la grossesse comme durant leur phase d’abstinence sexuelle avec
leur épouse en post-partum.11
Fertilité et méthodes hormonales
Les contraceptifs hormonaux comptent parmi
les méthodes anticonceptionnelles les plus efficaces. Certaines femmes
craignent cependant qu’ils aient un impact sur leur fertilité et,
pour cette raison, renoncent à les utiliser. C’est ce qu’a confirmé
une étude réalisée au Nigeria en 1993 auprès de 498 étudiantes. Près
de la moitié d’entre elles croyaient que les contraceptifs oraux (CO)
ont un effet potentiel nocif sur l’utérus et 41% les imaginaient
capables de causer une infertilité. Ces craintes sans fondement ont
probablement détourné des étudiantes de la méthode, car les trois
quarts des étudiantes exprimaient un manque d’intérêt pour la
pilule.12 Des peurs similaires ont été enregistrées chez
40 femmes canadiennes d’origine chinoise recrutées dans deux centres
d’IVG pour participer en 2002 à une étude sur les obstacles à
l’emploi des CO. La crainte que la pilule puisse induire une
infertilité permanente était courante parmi ces femmes.13
Il arrive que les prestataires aient eux aussi des craintes injustifiées,
comme l’a révélé une enquête menée entre 1993 et 1995 avec un échantillon
de plus de 1.000 cliniciens aux Etats-Unis et en Europe du Nord.
Certains d’entre eux croient à tort que les méthodes hormonales,
telles que l’acétate de médroxyprogestérone-retard (DMPA), peuvent
rendre une femme stérile.14
Les méthodes hormonales ne sont pas une
menace pour la fertilité féminine. Elles peuvent certes perturber les
règles et rendre ainsi leurs utilisatrices inquiètes d’un possible
impact sur leur fécondité. Il est très important que les prestataires
rassurent ces clientes en leur expliquant qu’il s’agit d’effets
secondaires normaux et prévisibles et que ni leur santé ni leur
fertilité ne sont menacées. En réalité, les travaux des chercheurs
ont montré que la fertilité se rétablit rapidement après l’abandon
des méthodes hormonales, sauf avec les progestatifs injectables comme
le DMPA et l’énanthate de noréthistérone (NET-EN). (Dans ce cas, le
retour de la fertilité peut demander de six à dix mois à compter de
la date de la dernière injection. Ces deux progestatifs n’ont
cependant pas d’effet permanent sur la fertilité.) En 1997, 70 femmes
brésiliennes, chiliennes, colombiennes et péruviennes ont fait
l’objet d’une étude sur le rétablissement de la fertilité après
l’emploi du Cyclofem, un oestro-progestatif injectable
s’administrant une fois par mois. La fertilité s’est rétablie un
mois après l’arrêt des injections. Plus de la moitié des
participantes sont tombées enceintes dans les six mois. Un an après
l’interruption des injections, 83% des femmes étaient enceintes et
94% de ces grossesses ont abouti à la naissance d’un enfant vivant.15
La fertilité s’est en fait rétablie si promptement que les
chercheurs ont recommandé aux prestataires d’en avertir les
utilisatrices du Cyclofem, afin d’éviter des grossesses non planifiées
si peu de temps après l’abandon de la méthode.
Chez les femmes qui emploient des
contraceptifs oraux, les ovulations reprennent aussi rapidement après
l’arrêt de la prise des pilules. «Le délai de rétablissement [de
la fertilité] est plus court qu’autrefois, car les pilules
contiennent des doses plus faibles», précise le docteur David Grimes,
vice-président du département biomédical de FHI. De fait, en cas de
prise irrégulière des pilules ou en cas d’abandon de la méthode, la
fertilité peut revenir très vite. Une étude datant de 1995 a montré
que les femmes qui oublient de prendre une ou plusieurs pilules par
cycle s’exposaient à un risque de grossesse accidentelle presque
trois fois supérieur à celui des femmes suivant strictement le schéma
posologique.16
Fertilité et DIU
Très efficace, le DIU est un contraceptif à
effet réversible. Plus de 106 millions de femmes l’utilisent
actuellement dans le monde.17 Comme sa durée de vie est
d’au moins 10 ans, son coût est très abordable.
Certaines femmes associent à tort le DIU aux
maladies inflammatoires pelviennes (MIP) et, en conséquence, le considèrent
comme une menace pour leur fertilité. Mais le DIU au cuivre (de nos
jours, ce type est le plus souvent inséré) ne présente pas de risque
significatif pour leur fertilité.18 Les agents responsables
des MIP sont des pathogènes de nature bactérienne.19 Si une
femme est atteinte d’une IST au moment de la pose du DIU,
l’insertion du dispositif peut s’accompagner du passage dans l’utérus
et dans les trompes de bactéries présentes au niveau du col utérin et
susceptibles de provoquer plus tard une MIP. Les prestataires doivent
donc toujours s’efforcer de détecter les cas d’infections du col ou
d’identifier les femmes exposées à un risque particulier vis-à-vis
de ces infections. Selon les critères de recevabilité médicale des
contraceptifs établis par l’Organisation mondiale de la Santé, la
pose d’un DIU est contre-indiquée s’il existe une IST. Il en va de
même en cas d’infection pelvienne ou de MIP dont la guérison remonte
à moins de trois mois. Le DIU n’est en général pas conseillé chez
les femmes exposées à un risque élevé d’IST à moins que des méthodes
plus indiquées ne soient pas disponibles ou acceptables.20
Les travaux des chercheurs indiquent cependant que, même en cas
d’infection du col au moment de la pose, la proportion de femmes
atteintes ensuite d’une MIP demeure faible.21
Si le risque d’infection n’est que faible
quand la femme a été soigneusement sélectionnée et quand la pose du
DIU s’est faite dans les conditions d’asepsie requises, il faut
pourtant que les prestataires connaissent les symptômes d’une MIP et
qu’ils expliquent à leurs clientes comment les reconnaître et où
s’adresser en cas de problème. Une femme atteinte d’une MIP peut
souffrir de douleurs du bas-ventre, de frissons et de fièvre, de
perturbations de ses règles, de pertes cervicales purulentes et d’une
douleur au toucher au niveau du col. Il faut traiter une MIP par
antibiothérapie le plus rapidement possible. Il faut aussi examiner et
soigner les partenaires sexuels si besoin est.22
De fausses idées sur le DIU persistent malgré
tout. Au Salvador par exemple, les chercheurs de FHI ont interrogé en
1999 les prestataires de 30 dispensaires dépendant du ministère de la
Santé. Ils ont constaté que les idées erronées et les peurs
qu’elles engendrent constituent le principal obstacle à l’adoption
du dispositif. Certaines femmes s’inquiètent notamment d’une éventuelle
pénétration du DIU dans la paroi utérine. Cette crainte était
l’une des plus fréquentes chez les femmes inquiètes pour leur
fertilité.23 Si un tel accident est possible, il reste rare.
«Dans ce cas, le petit creux qui se produit dans la muqueuse utérine
s’en va spontanément après le retrait du DIU et n’a pas de conséquence
sur la fécondité de la femme», informe le docteur Grimes.
Les chercheurs ont montré que si les femmes
savent que le DIU ne représente pas en soi une menace pour leur
fertilité, elles peuvent utiliser la méthode avec confiance pour
planifier leurs grossesses.24 «J’en ai eu un pendant deux
ans ou un peu plus», a confié l’une des 18 utilisatrices du DIU
ayant participé à des discussions dirigées de groupe organisées par
FHI dans le cadre d’une étude sur ce moyen contraceptif Au Salvador.
«On me l’a posé et je n’ai rien senti qui me gênait, même pas un
fil, rien. Quand j’ai décidé de le faire retirer, c’est parce que
je voulais avoir un autre enfant.»
Cette étude a aussi montré que les prestataires
qui corrigent les idées fausses aident les femmes à faire de meilleurs
choix contraceptifs, en toute connaissance de cause. Comme l’a expliqué
une utilisatrice, «j’ai assisté à une réunion où j’ai appris
qu’il était quand même possible de tomber enceinte [malgré un DIU
en place] et que, dans ce cas, le bébé pouvait naître avec le DIU et
qu’il fallait opérer. J’en ai parlé au docteur, qui m’a répondu:
" Non, c’est impossible."» Après cet entretien, la femme a
opté pour un DIU.
— Emily J. Smith
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- Katz.
Les
sinistres conséquences de l’infertilité
|
| Dans les pays en développement,
l’infertilité est un phénomène courant qui touche aussi bien
les hommes que les femmes. Si les taux d’infécondité varient
entre les régions du monde ou au sein d’un même pays, ils
peuvent atteindre des valeurs élevées. Dans certaines parties
d’Afrique par exemple, on estime qu’un tiers des couples sont
infertiles.1
Si l’on blâme souvent la femme pour ne
pas avoir d’enfant, les chercheurs ont montré qu’en fait,
dans plus de la moitié des couples inféconds, l’homme est entièrement
ou partiellement la cause du problème.2
Dans bien des cultures, l’infertilité a
des conséquences dévastatrices pour les femmes. Dans les
campagnes mexicaines, celle qui ne peut pas tomber enceinte est
souvent stigmatisée par sa communauté et traitée de «mule» ou
de «personne incapable».3 En Ethiopie, une étude a
été conduite auprès d’un échantillon représentatif de 6.179
femmes mariées ou ayant été mariées. Elle a montré que 95% de
celles n’ayant pas eu d’enfant avec leur premier mari avaient
divorcé dans les 20 ans suivant leur union conjugale. La grande
majorité de ces divorces survenaient au cours des cinq premières
années du mariage. Par contre, chez les femmes ayant eu un enfant
avec leur premier mari, le taux de divorces sur 20 ans n’était
que de 23%. Si, dans ce pays, le divorce n’entraîne pas de
rejet social comme c’est le cas ailleurs, le statut économique
de la femme et celui de sa famille en souffrent pourtant fréquemment.4
L’infertilité peut aussi pousser une
femme à avoir des relations extra-conjugales dans l’espoir de
tomber enceinte. Un tel comportement l’expose à un risque non négligeable
de contracter une infection sexuellement transmissible (IST),
notamment le VIH. Une étude réalisée en 1997 dans le nord du
Mozambique au sein de l’ethnie macua a révélé que les 34
participantes qui se considéraient infertiles avaient presque
toutes opté pour de telles relations dans le but de concevoir un
enfant.5
— Emily J. Smith
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