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La revue trimestrielle de santé de FHI, Network en français

Mise à jour sur la contraception : Une modification de la technique chirurgicale pourrait accroître l’efficacité de la vasectomie

Network en français : 2002, Vol. 21, No. 3

NetworkTous droits réservés Family Health International, 2002.
Réimpression de Network autorisée par Family Health International
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D’après les résultats des travaux de recherche récents, les médecins pratiquant la stérilisation masculine (vasectomie) avec la technique simple de ligatures et d’excision devraient sérieusement envisager de la modifier en la complétant avec une interposition de tissu aponévrotique.

FHI et EngenderHealth (New York, Etats-Unis) ont conduit dans sept pays une étude sur la vasectomie. Les résultats préliminaires montrent qu’une interposition aponévrotique produit une oligospermie plus rapidement que de simples ligatures (occlusion à l’aide d’un fil noué) suivie d’une excision (coupure et retrait partiel) sur chacun des deux canaux déférents. Ces derniers servent de conduit de transit aux spermatozoïdes produits par les testicules. L’interposition consiste à appliquer et à nouer l’aponévrose sur l’une des extrémités sectionnées du canal pour l’obturer et créer ainsi une barrière tissulaire naturelle. Cette étape supplémentaire permet sans doute d’accroître l’efficacité de cette méthode contraceptive masculine.

« La vasectomie présente moins de danger, est plus rapide et plus facile à réaliser qu’une stérilisation féminine et son efficacité est déjà très grande », fait observer le docteur David Sokal, qui est directeur médical adjoint chez FHI et qui dirige cette étude. « Mais les efforts pour la rendre encore plus fiable sont louables, car ils renforcent la confiance en la méthode et encouragent son application. »

Cette étude a montré que 22 semaines après la vasectomie les cas d’oligospermie (moins de 100.000 spermatozoïdes par millilitre de sperme) était plus nombreux chez les sujets opérés avec interposition tissulaire (93 % d’oligospermies) que chez ceux opérés avec de simples ligatures suivies d’une excision (81 %). Chez l’homme, la numération des spermatozoïdes est normalement à plus de 20 millions de spermatozoïdes par millilitre.

Vers la fin des années 90, une étude menée par FHI au Mexique avait déjà permis de constater la persistance de spermatozoïdes chez certains sujets stérilisés par simples ligatures et excision. Les chercheurs avaient constaté qu’un nombre important de spermatozoïdes pouvait subsister plusieurs mois dans le liquide séminal de plus de 10 % des hommes ainsi opérés.

En 2000, en collaboration avec le ministère de la Santé du Népal, FHI a conduit dans ce pays une étude auprès de 1.000 sujets ayant subi une vasectomie. Cette étude a montré qu’entre 1 et 4 ans après l’intervention la présence de spermatozoïdes s’observait toujours chez 2,3 % des hommes stérilisés (le plus souvent avec une simple technique de ligatures-excision). Les numérations de spermatozoïdes de ce sous-groupe indiquaient qu’une reperméabilisation s’était produite, autrement dit, que les spermatozoïdes avaient pu, de manière temporaire ou durable, traverser le point de cicatrisation du canal déférent. L’inter-position aponévrotique peut accroître la fiabilité de la vasectomie en empêchant notamment une telle recanalisation.

Le risque de grossesse est probablement supérieur chez les femmes dont la numération des spermatozoïdes de leur partenaire ne chute que lentement après l’intervention. Les chercheurs de FHI/EngenderHealth n’ont pas enregistré les taux de grossesse. Mais, les responsables de l’étude népalaise ont estimé que, parmi les couples optant pour la vasectomie par ligature et excision comme méthode de planification familiale, 17 femmes sur 1.000 deviendraient enceintes durant l’année suivant l’opération. Aux Etats-Unis à titre de comparaison, les techniques de vasectomie sont différentes, l’analyse de sperme est routinière, les couples optent pour la méthode à un âge plus tardif, et, par suite, le taux d’échec contraceptif tombe à 1,5 femmes pour 1.000 couples durant l’année suivant l’intervention.

Une variété de techniques

Plusieurs techniques de vasectomie sont pratiquées dans le monde. Dans la plupart des cas, on peut choisir de compléter ou non la procédure avec une interposition aponévrotique. Dans les pays en développement, c’est surtout la technique simple de ligatures et d’excision qui est préférée. Aux Etats-Unis et dans d’autres pays riches où la vasectomie est bien acceptée, la cautérisation (occlusion des extrémités sectionnées du canal par la chaleur) et/ou la pose de pinces métalliques, souvent doublée d’une interposition tissulaire, sont les techniques chirurgicales les plus répandues.

Pour certains spécialistes, la cautérisation représente la meilleure méthode d’occlusion des canaux déférents. Des études complémentaires seront cependant nécessaires pour mieux évaluer cette technique et pour déterminer sa faisabilité dans des contextes aux faibles ressources. Il existe par exemple des appareils de cautérisation manuels relativement peu coûteux et alimentés par des piles alcalines de type AA. Ces instruments sont d’usage courant dans certains pays en développement. Mais leur utilisation n’a pas été étudiée dans des structures dont les moyens sont limités.

Quelle que soit la procédure utilisée, avertit le docteur Sokal, il faut que les couples sachent qu’il existe un léger risque d’échec contraceptif.

« Après la vasectomie, il faudrait faire une analyse de sperme chaque fois que cela est possible », précise-t-il. « Si ce test est impossible, on conseille normalement aux couples d’adopter pendant 12 semaines une contraception d’appoint. Ce délai est indispensable pour que les spermatozoïdes se situant en aval des sites opérés puissent être évacués entièrement des canaux déférents. Mais, même si ces précautions sont respectées, il subsistera toujours un faible risque de grossesse. En conséquence, si la partenaire d’un homme vasectomisé devient enceinte, il faudra envisager un échec de l’opération plutôt qu’une relation extra-conjugale. »

L’étude conduite actuellement par FHI/EngenderHealth a débuté en 1999. Financée en partie par l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), elle se déroule au Brésil, en El Salvador, aux Etats-Unis, au Mexique, au Népal, au Panama et au Sri Lanka. L’analyse finale des données sera effectuée quand l’ensemble des participants auront été évalués en phase de suivi.

Les résultats de cette étude et d’autres travaux sur l’efficacité de la vasectomie ont été présentés à l’occasion d’une rencontre d’experts organisée en 2001 à l’initiative de FHI et de EngenderHealth. Un récapitulatif en anglais de cette rencontre est disponible.

Dans le cadre de l’étude menée dans sept pays, toutes les vasectomies ont été réalisées sans scalpel. Une vasectomie sans bistouri oblige le chirurgien à modifier son approche du canal déférent. Elle est compatible avec les diverses techniques d’occlusion des canaux et elle offre l’avantage d’effets secondaires plus rares. Mais elle est plus difficile à maîtriser que la technique traditionnelle avec scalpel.

– Kim Best

Pour de plus amples informations, voir le site Web www.fhi.org

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