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Efficace, sans danger et réversible
On estime que, dans le monde entier, 128 millions de femmes utilisent
les dispositifs intra-utérins (DIU). A l'exception de la stérilisation
féminine, c'est la méthode contraceptive la plus répandue. Dans la
plupart des pays, le dispositif le plus employé est le DIU-T au cuivre
380A.
Le
TCu 380A est sans danger et très efficace pendant au moins 12 ans
(approuvé pour un usage de 10 ans aux Etats-Unis). Son taux d'échec
est très faible : le pourcentage annuel d'utilisatrices tombant
enceintes est de 0,4 %.1 Son efficacité est comparable à
celle de la stérilisation chirurgicale masculine ou féminine. Cette
forme de contraception réversible et de long terme offre ainsi une
alternative fiable à la stérilisation.
Les DIU sont largement utilisés dans plusieurs pays d'Asie et d'Amérique
latine, ainsi que dans de nombreux pays arabes. Ils demeurent cependant
peu répandus dans bien d'autres régions, en grande partie à cause
d'un manque d'information, de craintes non fondées au sujet des
risques, d'une pénurie de fournitures ou d'une absence de formation des
prestataires.
Utilisation des DIU par pays
| Premiers
pays par le nombre d'utilisatrices |
Premiers
pays par le taux d'utilisatrices en âge de procréer |
| Chine |
78,9
millions |
Rép. dém. de Corée
|
49 |
| Vietnam |
3,8 millions |
Ouzbékistan
|
46 |
| Indonésie |
3,5 millions |
Kazakhstan
|
40 |
| Egypte |
3 millions |
Chine
|
33 |
| Mexique |
2,2 millions |
Vietnam
|
33 |
| Rép. dém.
de Corée |
2,2 millions |
Cuba
|
33 |
| Turquie |
2,1 millions |
Egypte
|
30 |
| Ouzbékistan |
1,7 million |
Tunisie
|
22 |
| Kazakhstan |
1,2 million |
Turquie
|
19 |
| Colombie |
600.000 |
Mongolie
|
19 |
| Cuba |
600.000 |
Syrie |
16 |
| Pérou |
400.000 |
Jordanie |
15 |
| . |
. |
Mexique |
15 |
Qui peut envisager l'emploi d'un DIU ?
La plupart des femmes peuvent utiliser un DIU. Certaines conditions
ou circonstances, dont les suivantes, sont à considérer pour savoir si
cette méthode est appropriée :2
- Les femmes qui allaitent, qui prennent des antibiotiques ou encore
qui ont des règles irrégulières sans menstrues abondantes peuvent
utiliser les DIU sans restriction.
- Chez les femmes nullipares et âgées de moins de 20 ans, ayant
subi un avortement au second trimestre, ou souffrant de drépanocytose,
d'anémie ferriprive, ou encore de dysménorrhée grave ou de règles
irrégulières avec des menstrues abondantes, les avantages de
l'emploi du DIU l'emportent en général sur les risques.
- Une femme atteinte d'une maladie sexuellement transmissible (MST)
ou ayant eu une MST ou une maladie inflammatoire pelvienne (MIP) au
cours des trois derniers mois, ne devrait pas utiliser le DIU. Le
DIU est à proscrire si la femme présente une cervicite purulente,
mais il peut être utilisé en cas de vaginite. Les bactéries
pathogènes déjà présentes dans la femme peuvent être
introduites dans les voies génitales supérieures pendant la pose,
augmentant ainsi le risque de maladie inflammatoire pelvienne.
- Si une femme a un cancer du col en attente de traitement, elle ne
devrait pas commencer à utiliser un DIU. (Il est par ailleurs
possible que l'emploi du DIU puisse résulter en un risque moindre
de cancer de l'endomètre et du col utérin.3)
- Les femmes présentant un saignement vaginal inexpliqué ou un
trouble de la cavité utérine ne devraient pas employer le DIU.
- Bien que les grossesses non désirées soient rares avec cette méthode,
le DIU doit être retiré immédiatement si son utilisatrice devient
enceinte.
Insertion : possible à tout moment du
cycle
Les DIU peuvent être posés à tout moment du cycle menstruel, tant
que le prestataire s'assure avec l'attention nécessaire que la femme
n'est pas enceinte. Même dans les endroits isolés, sans avoir recours
à des tests de laboratoire ou sans devoir attendre jusqu'au prochain
cycle menstruel, les prestataires peuvent se baser sur une simple liste
de vérification pour déterminer s'il existe une grossesse.
- La pose des DIU peut être effectuée sans danger par des
cliniciens autres que des médecins. Une étude menée au Nigeria,
en Turquie et au Mexique a conclu que ces cliniciens peuvent, dans
de nombreux contextes, insérer sans risque les DIU, à condition de
recevoir une formation appropriée axée sur les compétences.4
- Une bonne technique de pose requiert des conditions aseptiques et
impose une insertion lente et en douceur. Dans de rares cas (environ
un sur mille), l'intervention s'accompagne d'une perforation de l'utérus.5
Une douleur vive pendant l'insertion peut indiquer une perforation.
Si elle se produit, le prestataire doit interrompre la procédure et
retirer le DIU.
- Les prestataires devraient dire aux femmes qu'une douleur et des
crampes sont possibles au cours de l'insertion, de même que des
saignements légers et des crampes d'intensité moyenne pendant
plusieurs jours après la pose. Les femmes devraient savoir que ces
effets secondaires n'indiquent pas un grave problème médical.
- Les femmes devraient aussi savoir que le DIU peut être expulsé
spontanément. Les facteurs de risque pour une telle expulsion sont
un âge jeune, un flux menstruel de volume anormal, et des règles
douloureuses.
- L'expulsion survient le plus souvent pendant les règles. La femme
devrait vérifier les fils après chaque période de menstruation
pour s'assurer que le DIU est bien en place. Elle devrait aussi
faire attention en cas de crampes du bas ventre, de spotting entre
les règles, de douleur après les rapports sexuels, ou encore de gêne
éprouvée par son partenaire pendant ces rapports. Si la femme ne
peut pas toucher les fils, si ces derniers semblent plus courts ou
plus long qu'à l'ordinaire, ou si elle sent le DIU sortant du col
utérin, elle doit s'adresser à un service médical.
Douleurs et saignements : motifs
habituels de retrait
Douleurs et saignements sont les principales raisons d'un retrait.
Une étude FHI portant sur 10.000 femmes utilisant le T au cuivre a
montré que 5 % avaient eu le dispositif retiré à cause de douleurs ou
de saignements.6
- Bien que nettement meilleurs que d'anciens types de DIU qui ne
sont plus employés à grande échelle, les DIU au cuivre provoquent
une augmentation des saignements menstruels. Ce n'est habituellement
pas un problème médical. Typiquement, les saignements diminuent
après plusieurs cycles. Le système intra-utérin LNg, qui libère
du lévonorgestrel, réduit quant à lui le volume des saignements.
- Des saignements à la fois abondant et prolongés sont rares.
Comme de tels saignements augmentent le risque d'anémie, les femmes
présentant ces effets secondaires devraient prendre des comprimés
au fer. Des médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens,
comme l'ibuprofène, peuvent réduire les douleurs et les
saignements.
Usage du DIU en post-partum
Les DIU peuvent être utilisés en post-partum. Comme ils ne
perturbent pas la lactation, ils sont sans risque pour les femmes qui
allaitent.
- Le principal souci avec une insertion en post-partum est
l'expulsion. Le risque d'expulsion pour les insertions en
post-partum est moindre si la procédure est effectuée immé-diatement
après la naissance. Le risque le plus faible est pour les
insertions effectuées dans les 10 minutes suivant l'expulsion du
placenta, et ce risque demeure toujours faible et acceptable pendant
les 48 premières heures du post-partum. Si l'insertion ne peut pas
être effectuée dans les 48 heures, les lignes directrices
recommandent d'attendre jusq'à ce que l'utérus a retrouvé sa
condition antérieure à la grossesse, c'est à dire quatre semaines
après l'accouchement.
- Les DIU peuvent être insérés sans risque immédiatement après
un avortement spontané ou provoqué, sauf si l'utérus est infecté
ou présente un risque d'infection, ou encore s'il y a une hémorragie
ou un traumatisme grave du tractus génital. Cependant, si
l'avortement se produit après 16 semaines de grossesse, les
prestataires ont besoin d'une formation spéciale pour la pose. Si
le prestataire n'a pas reçu une telle formation, l'insertion doit
être repoussée de six semaines pour laisser à la cavité utérine
le temps de retrouver sa forme normale.
- En République dominicaine, un programme incluant plus de 1.400
femmes en post-partum a montré qu'une coordination entre les
services prénatals, ceux de planification familiale et les équipes
chargées des accouchements contribuait à de bons résultats en
matière de sécurité et d'efficacité. Le counseling pré-natal
incluait une évaluation des risques de MST ainsi que le dépistage
clinique pour ces maladies.7
Minimiser le risque de MIP
En vue de minimiser le risque de maladie inflammatoire pelvienne
(MIP), les prestataires devraient :
- Ne retirer et remplacer le DIU que lorsque nécessaire, en
choississant le DIU à longue durée d'action le mieux adapté à la
femme.
- Informer les femmes recevant un DIU sur les symptômes des MIP et
les inciter fortement à consulter un médecin si elles notent ces
symptômes.
- Encourager les clientes à revenir pour une visite de contrôle,
normalement un mois après l'insertion, pour déterminer si elles
ont un problème quelconque.
- Comme il convient de faire avec tous les clients, encourager
l'emploi du préservatif si la femme a des rapports sexuels avec un
homme pouvant être infecté.
De plus, afin de prévenir l'introduction de bactéries ou d'autres
agents pathogènes dans l'utérus, des techniques aseptiques sont
recommandées pour la pose des DIU. Par exemple, les instruments qui
seront réutilisés doivent être désinfectés.
-- William R. Finger et Kim Best
Notes
- United Nations Development Programme, United
Nations Population Fund, World Health Organization, World Bank,
Special Programme of Research, Development and Research Training in
Human Reproduction. Long-term reversible contraception: twelve years
of experience with the TCu 380A and TCu 220C. Contraception
1997; 56(6):341-52.
- Organisation mondiale de la Santé. Pour un
meilleur accès à des soins de qualité en matière de
planification familiale : Critères de recevabilité médicale pour
l'adoption et l'utilisation continue de méthodes contraceptives. Genève
: Organisation mondiale de la Santé, 1996.
- Endometrial and cervical cancer risk may be lower
with IUD use. Contraception Rpt 1998;9(5):9-10.
- Farr G, Rivera R, Amatya R. Non-physician
insertion of IUDs: clinical outcomes among TCu 380A insertions in
three developing-country clinics. Adv Cont 1998;14(1):45-57.
- Sivin I, Greenslade F, Schmidt F, et al. The
Copper T 380 Intrauterine Device: A Summary of Scientific Data (New
York: The Population Council, 1992)19.
- Rivera R, Farr G, Chi I-c. The Copper IUD, Safe
and Effective: The International Experience of Family Health
International. (Research Triangle Park, NC: Family Health
International, 1992)4.
- Cordero CF, Barone MA, Calderón V. A postpartum
IUD program in the Dominican Republic. Int J Gynecol Obstet 1996;55(2):181-82.
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