La perte de sensation, l'impuissance à maintenir une érection, l'inconfort et
l'interruption du prélude amoureux sont les principales raisons que citent les personnes
qui ne veulent pas utiliser le préservatif. Certaines de ces inquiétudes pourraient
être dissipées par la qualité même des préservatifs.
Par exemple, la recherche a montré que les gens préféraient les préservatifs
lubrifiés, qui sont plus confortables et d'un usage plus facile, si bien que de nos
jours, la plupart sont prélubrifiés.1 Des modifications apportées à la forme et à
l'épaisseur des préservatifs peuvent aussi aplanir les difficultés qu'éprouvent
certains utilisateurs. Cependant, la recherche a généralement permis de conclure que les
différences de matière, de largeur et de formulation du latex n'influaient guère sur la
préférence du consommateur.
Seules quelques études ont porté sur l'acceptation des préservatifs selon leur
épaisseur. D'après M. Alan Spruyt, analyste de recherche à FHI, qui a étudié
l'acceptation des préservatifs, les résultats suggèrent que les hommes les préfèrent
plus minces, mais qu'un supplément de recherche est nécessaire à ce sujet.
Des études ont aussi été faites pour déterminer si des largeurs différentes et
d'autres qualités de latex pourraient améliorer l'acceptation des préservatifs. Les
résultats n'ont pas indiqué que la plupart des gens opteraient régulièrement pour une
variété plus large ou plus étroite à la place du préservatif traditionnel.
Dans d'autres recherches les participants ont comparé le préservatif en latex
ordinaire à un autre préservatif expérimental qui s'adapte sans serrer le bout du
pénis. Ce modèle se veut d'une utilisation plus agréable pour les hommes en leur
permettant un meilleur contact sur la zone la plus sensible du pénis pendant le rapport
sexuel. Bien que plus épais, le préservatif expérimental était, d'après les hommes,
aussi agréable et confortable que le préservatif classique.2
Les fabricants de préservatifs synthétiques tentent actuellement de remédier aux
défauts de ceux en latex. Les préservatifs synthétiques donnent l'impression d'être
plus naturels, car cette matière permet mieux le transfert de la chaleur du corps entre
partenaires que ceux en latex. De plus, ils sont généralement inodores, ce qui n'est pas
le cas du latex, et ils ne se détériorent pas au contact de lubrifiants à base d'huile
comme le fait le latex. Ils peuvent en outre être utilisés par des personnes allergiques
au latex.
Selon M. Spruyt, à la lumière des recherches limitées qui sont disponibles, il
apparaît que les préservatifs synthétiques présentent de nets avantages, mais aussi
des désavantages, pour les utilisateurs. Dans une étude menée aux Etats-Unis parmi 800
couples qui utilisaient aussi bien le préservatif en latex que le préservatif en
polyuréthane, les hommes ont indiqué que les préservatifs en latex étaient plus
faciles à mettre, mais que les constrictions du pénis étaient plus fréquentes qu'avec
le préservatif en polyuréthane. Ils ont trouvé que les deux espèces étaient
identiques sur le plan de la lubrication, du maintien, de l'aspect, de la sensation, de
l'odeur et de la recommendation ou du choix pour un usage futur.3
Dans une étude similaire visant 360 couples, les participants ont aussi fait savoir
qu'ils avaient eu plus de mal à dérouler le préservatif en polyuréthane mais que par
contre ils avaient eu plus de constrictions du pénis avec celui en latex. Aussi bien les
femmes que les hommes ont signalé que le préservatif en polyuréthane se déchirait et
se déformait plus souvent, et que celui en latex permettait moins de stimulation. Les
préservatifs en polyuréthane ont été appréciés pour la sensation, l'odeur et la
lubrification générale, tandis que les préservatifs en latex ont été préférés pour
leur maintien et leur fiabilité.4 Une étude antérieure similaire qui portait sur 49
couples a eu des résultats sensiblement pareils.5
A l'heure actuelle, il n'y a qu'une marque de préservatif masculin synthétique, vendu
sous le nom d'Avanti, disponible aux Etats-Unis et dans quatre pays européens. La Food
and Drug Administration (FDA) des Etats-Unis en a approuvé quatre autres dont aucune
n'est sur le marché.
-- William R. Finger
Notes
- Steiner M, Piedrahita C, Glover L, et al. The impact of lubricants on
latex condoms during vaginal intercourse. Int J STD AIDS 1994;
- 5(1):29-36.
- Trussell J, Warner DL, Hatcher RA. Condom slippage and breakage rates. Fam
Plann Perspect 1992;24(1):20-23.
- Nelson A, Bernstein GS, Frezieres R, et al. Study of the efficacy,
acceptability and safety of a non-latex (polyurethane) male condom - final report, NIH
contract NO1-HD-1-3109. Unpublished paper. National Institutes of Health, 1997.
- Nelson A, Frezieres R, Walsh T, et al. Controlled, randomized evaluation
of a commercially available polyurethane and latex condom (Avanti versus Ramses Sensitol)
- final report, NIH contract NO1-HD-1-3109. Unpublished paper. National Institutes of
Health, 1996.
- Trussell J, Warner D. Hatcher R. Condom performance during vaginal
intercourse: comparison of Trojan-Enz and Tactylon condoms. Contraception 1992;
45(1):11-19.