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Une étude effectuée sur deux ans par FHI a conclu que le film vaginal contenant du
spermicide ne présente aucun danger, mais qu'il ne confère aux femmes aucune protection
supplémentaire contre le VIH, la blennorragie ou les infections à Chlamydia, au-delà de
la protection conférée par les préservatifs.
Cette étude a été menée par FHI au Cameroun avec la collaboration du ministère de
la Santé publique de ce pays. La recherche avait pour but d'évaluer un film spermicide
à base de nonoxynol-9 (N-9) mais ne cherchait pas à déterminer si cette méthode
contraceptive utilisée seule assurait une protection contre les MST. L'équipe des
chercheurs était dirigée par Ronald E. Roddy, épidémiologiste de FHI, et Léopold
Zekeng, spécialiste du VIH au ministère camerounais.
Le préservatif en latex offre le plus haut degré de protection aux personnes à
risque, mais il est impossible pour beaucoup de femmes de persuader leurs partenaires d'en
utiliser un. FHI estime qu'il est urgent de mettre au point des moyens de protection qui
puissent être utilisés et contrôlés par la femme.
"Malheureusement, ce n'est pas une bonne nouvelle pour les femmes, puisque nous
espérions que le N-9 pourrait élargir leurs options en matière de protection contre le
VIH", a déclaré le docteur Willard Cates, vice-président de FHI chargé des
affaires biomédicales. "Nous devons accélérer la recherche axée sur l'invention
de nouvelles méthodes qui soient destinées aux femmes à risque de VIH et d'autres
MST." Le VIH est le virus qui cause le sida.
Très répandu dans le monde entier, le N-9 se présente sous de nombreuses formes : on
le trouve dans les mousses, les gelées, les ovules et les crèmes. Ainsi les
utilisatrices du diaphragme enduisent-elles généralement le dispositif d'une crème ou
d'une gelée à base de N-9, et certains lubrifiants de préservatifs en latex contiennent
aussi ce spermicide. Aucun de ces autres produits n'a été examiné par l'étude en
question, qui concernait exclusivement les femmes et n'a pas cherché à déterminer si le
N-9 protégeait aussi les hommes.
Cette étude bénéficiait d'une bourse de 1,6 million de dollars de l'Institut
national des maladies allergiques et infectieuses (NIAID). "Le préservatif, utilisé
correctement et systématiquement, est une méthode très efficace. Mais les femmes
doivent dépendre de la volonté de leur partenaire pour l'utilisation du préservatif
masculin", explique le docteur Rodney Hoff du programme de prévention du sida de
NIAID. "Les responsables de la santé publique et nous-mêmes nous sommes engagés à
mettre au point une méthode de prévention des MST et du sida qui puisse être
contrôlée par la femme. Cette étude constitue une partie de cet effort continu."
FHI considère que c'est l'étude la plus complète jamais réalisée à ce jour sur le
N-9 et sur le rôle des spermicides dans la protection des femmes contre les MST. Les
conclusions de l'étude mettent en doute l'intérêt supplémentaire apporté par
l'utilisation du film imprégné de N-9 comme agent prophylactique contre les MST en
association avec un préservatif. Mais elles ne modifient en rien le conseil donné par
FHI aux individus à risque d'infection par le VIH ou d'autres MST : il faut utiliser le
préservatif en latex correctement et systématiquement. Beaucoup de femmes ont une autre
option : elles peuvent recourir au préservatif féminin, qui peut éventuellement les
protéger contre les MST si elles s'en servent correctement et systématiquement.
L'abstinence sexuelle ou une relation mutuellement monogame entre partenaires non
infectés demeurent les moyens les plus fiables de se prémunir contre les MST.
Les études effectuées antérieurement sur le N-9, à plus petite échelle, portaient
à croire que ce spermicide pouvait éventuellement réduire le risque de MST d'origine
bactérienne, mais elles n'avaient pas abouti à des résultats concluants quant à
l'action du N-9 en matière de prévention du VIH. La toute dernière étude a été
réalisée entre mars 1995 et décembre 1996 auprès de 1.292 prostituées camerounaises
qui s'étaient portées volontaires pour participer à l'étude dans les dispensaires.
Seules les femmes séronégatives pour le VIH au moment de leur admission à l'étude
avaient le droit d'y participer. Parmi les sujets volontaires dont la participation durait
jusqu'à la fin de l'étude, 478 avaient reçu un film contraceptif à base de N-9 et 463
un film placebo qui ne contenait pas de spermicide.
Toutes les femmes qui ont demandé à participer à l'étude ont bénéficié de
counseling pendant lequel elles ont été encouragées à arrêter leurs activités de
prostitution en raison du risque très important d'infection par le VIH ou d'autres MST
que celles-ci occasionnent.
Les participantes volontaires qui restaient à risque ont reçu des préservatifs et
elles ont été encouragées à les utiliser à chaque rapport sexuel. Elles se faisaient
réapprovisionner régulièrement en préservatifs, étaient examinées une fois par mois,
et traitées en cas d'infection.
"Le personnel de l'étude camerounaise a vivement exhorté les volontaires à
adopter des comportements sexuels moins dangereux", a souligné le docteur Zekeng.
Les volontaires des villes de Yaoundé et de Douala ont bénéficié d'un counseling
minutieux et on leur a demandé de revenir une fois par mois [dans un dispensaire] pour
être suivies sur le plan médical. FHI est convaincu que cela a considérablement réduit
les risques auxquels elles auraient été normalement exposées. "On a aidé les
participantes à adopter des comportements visant la protection, ce qui a réduit leur
taux d'infection de plus de 50 pour cent", a ajouté Zekeng.
Parmi les femmes qui ont participé à l'étude jusqu'à la fin, on a comparé les
résultats obtenus en cas d'utilisation du film au N-9 et de préservatifs, ce qui
représentait 147.996 rapports sexuels, et les résultats obtenus en cas d'utilisation du
film placebo et de préservatifs, soit 146.942 rapports. Le taux de transmission du VIH
était sensiblement le même dans les deux groupes. Parmi 100 femmes qui utilisaient le
film au N-9 et un préservatif pendant un an (100 années-femmes), 6,7 ont contracté le
VIH, contre 6,6 parmi les utilisatrices du film placebo et des préservatifs.
A titre de comparaison, le taux d'infection par blennorragie était de 33,3 pour 100
années-femmes chez les utilisatrices du N-9 et des préservatifs, contre 31,1 chez les
autres. Le taux d'infection à Chlamydia était de 20,6 pour 100 années-femmes en cas
d'utilisation du N-9 et des préservatifs, contre 22,2 en cas d'utilisation du film
placebo et des préservatifs.
En théorie, on se demande si l'utilisation fréquente de N-9 ne pourrait pas
accroître le risque d'infection par les MST, puisque l'usage fréquent de ce produit
chimique peut entraîner des ulcérations susceptibles de favoriser la transmission de ces
maladies. Les participantes à l'étude ont déclaré utiliser le film plus fréquemment
que la plupart des autres femmes qui ont recours au N-9. Cette étude n'a pas mis en
évidence un risque accru de VIH ou d'autres MST qui serait lié à l'utilisation du film,
encore que des lésions génitales (ulcérations) aient été légèrement plus courantes
parmi les utilisatrices du N-9. On a dénombré 42,2 lésions pour 100 années-femmes
parmi les utilisatrices du N-9 et des préservatifs, contre 33,5 lésions parmi les
utilisatrices du film placebo et des préservatifs.
L'étude comporte certaines limitations. Comme le bien-être des femmes était
primordial, on les a exhortées à utiliser un préservatif à chaque rapport sexuel,
seule méthode reconnue de protection. Peu de femmes ayant déclaré avoir utilisé le
film sans préservatif, l'étude ne peut pas décider de façon concluante si le film au
N-9, employé seul, protège contre le VIH ou les autres MST.
Dans le monde entier, environ les deux tiers de tous les individus séropositifs vivent
en Afrique sub-saharienne. L'un des avantages de l'étude a été de démontrer que la
recherche sur la prévention du VIH parmi les individus à haut risque d'infection peut se
faire dans le respect du code déontologique.
Le film utilisé pour cette étude est fabriqué par la Apothecus Pharmaceutical Corp.,
société pharmaceutique basée à Oyster Bay dans l'Etat de New-York, et commercialisé
sous le nom "VCF Vaginal Contraceptif Film".
Le film contraceptif au N-9 et le risque
de MST
Les questions et les réponses ci-après regroupent celles posées le plus couramment
sur le N-9 à titre d'informations générales, sur l'étude récente effectuée
conjointement par Family Health International et le ministère camerounais de la Santé
publique, et sur ses conséquences pour la politique en matière de santé publique.
Informations générales
Qu'est-ce que le nonoxynol-9 (N-9) ?
Le nonoxynol-9 (N-9) est un produit chimique de type détersif qui est utilisé depuis
plus de 40 ans dans les produits vaginaux pour prévenir la grossesse. Le N-9 empêche la
survenue de la grossesse en perturbant l'enveloppe extérieure des spermatozoïdes, ce qui
entraîne leur mort. Comme il détruit les spermatozoïdes, le N-9 est classé parmi les
spermicides.
Quels produits contiennent du N-9 ?
Aux Etats-Unis, le N-9 se trouve dans divers spermicides vaginaux, y compris les
gelées, les crèmes, les mousses, les ovules et les films. Certains de ces produits sont
censés être utilisés seuls, tandis que d'autres doivent être utilisés en association
avec un diaphragme ou une cape cervicale. Dans d'autres pays, on trouve aussi le N-9 dans
les comprimés spermicides qui produisent de la mousse. Le N-9 est aussi ajouté à
certains préservatifs lubrifiés.
Tous les spermicides contiennent-ils du N-9 ?
Non, mais ce spermicide est à la base de la plupart des produits spermicides vendus
aux Etats-Unis. Parmi d'autres spermicides d'utilisation courante à travers le monde on
trouve le menfégol, produit chimique à la base des comprimés moussants aux spermicides
(d'usage très répandu en Asie), ou le chlorure de benzalkonium (BZK), ingrédient qui
entre couramment dans la composition des produits fabriqués en France.
L'utilisation du N-9 comme contraceptif est-elle sans risque ?
Oui. En 1980, en s'appuyant sur 30 années d'expérience clinique, la U.S. Food and
Drug Administration (FDA) a déterminé que le N-9 était un contraceptif vaginal efficace
et sans danger. L'innocuité du N-9 aux fins d'utilisation vaginale a été établie sur
la base d'essais effectués chez l'animal et sur le manque de réactions locales sévères
rapportées chez l'être humain tout au long des dizaines d'années écoulées depuis que
les produits spermicides contenant du N-9 sont utilisés. Chez certaines femmes, le N-9
provoque des démangeaisons et des brûlures vaginales, qui disparaissent dès qu'elles
cessent d'utiliser ce produit. En outre, le N-9 peut aussi provoquer des symptômes
analogues chez leurs partenaires sexuels masculins.
Résultats de l'étude camerounaise
Pourquoi les scientifiques s'intéressent-ils au N-9, qui est un contraceptif,
comme méthode de prévention des MST ?
En laboratoire, le N-9 peut détruire le VIH et les agents pathogènes d'autres MST en
perturbant l'enveloppe extérieure des virus et des bactéries qui provoquent ces
maladies. De surcroît, des études à petite échelle réalisées auprès d'utilisateurs
du N-9 ont suggéré que ce contraceptif pourrait effectivement conférer une protection
contre certaines MST. Toutefois, la capacité du N-9 à prévenir le VIH et d'autres
infections chez l'être humain n'a pas fait l'objet d'études rigoureuses.
L'utilisation du N-9 comme moyen de prévention des MST soulève une autre question, à
savoir si l'usage fréquent de ce produit, ou son usage à concentration élevée, ne
pourrait pas accroître le risque de transmission des MST. Son utilisation dans l'une ou
l'autre de ces conditions peut en effet irriter les cellules qui tapissent le vagin et le
col de l'utérus (perturbation épithéliale) ; théoriquement, l'inflammation qui en
résulte pourrait créer un terrain propice à la pénétration du VIH ou d'autres
micro-organismes.
Qu'a conclu l'étude faite conjointement par FHI et le Cameroun quant à l'effet
du N-9 sur les infections par MST ?
Cette étude d'une durée de deux ans a conclu que l'utilisation du film au N-9 en
association avec un préservatif ne confère pas de protection supplémentaire aux femmes
contre le VIH, la blennorragie ou la Chlamydia, en sus de celle qui leur est déjà
conférée par le préservatif. En outre, l'étude a conclu que l'utilisation du N-9
n'accroissait pas le risque d'infection par ces MST. Cependant, elle ne pouvait pas
déterminer si le film spermicide utilisé seul conférait une protection contre ces
maladies.
Comment l'étude s'est-elle déroulée pour aboutir à ces conclusions ?
L'étude portait sur 1.292 prostituées camerounaises qui s'étaient portées
volontaires pour y participer dans des dispensaires entre mars 1995 et décembre 1996.
Toutes les femmes désireuses d'y participer ont été vivement encouragées à renoncer
à leur comportement à risque (multiplicité des partenaires), puisque cela leur faisait
courir un risque très élevé d'infection par MST. Celles qui ont choisi de conserver
leur comportement à risque et qui ont été admises à participer à l'étude ont reçu
des préservatifs fréquemment et elles ont été exhortées à les utiliser lors de
chaque rapport sexuel.
Pour participer à l'étude, les femmes devaient être séronégatives pour le VIH au
moment de leur admission. On a demandé aux participantes d'utiliser soit le film au N-9,
soit un placebo (film sans ingrédient actif) avant tout rapport sexuel. On leur a
expliqué la différence entre les deux films, mais les participantes ne savaient pas
lequel des deux elles utilisaient. Elles ont été suivies régulièrement pour évaluer
toute possibilité d'infection par le VIH ou par d'autres MST et on les a interrogées sur
les symptômes éventuellement imputables au film.
Sur l'ensemble des sujets volontaires, 478 utilisatrices du film à base de N-9 et de
préservatifs ainsi que 463 utilisatrices de préservatifs et du film placebo ont
participé à l'étude jusqu'à la fin. En procédant à une analyse statistique
minutieuse qui tenait compte de nombreux facteurs, dont le nombre de rapports sexuels et
le nombre de fois où un préservatif avait été utilisé, les auteurs de l'étude ont
déterminé le taux de transmission des MST dans chacun des deux groupes et ils ont
comparé les résultats obtenus.
Les participantes à l'étude ont-elles été rémunérées ?
Non. Les participantes ont bénéficié de la gratuité des soins médicaux, du
counseling, des préservatifs et du film vaginal, avec ou sans N-9, et elles ont été
remboursées de leurs modestes frais de déplacement occasionnés par les visites au
dispensaire.
Qui a mené cette étude ?
Cette étude a été menée par des chercheurs du ministère camerounais de la Santé
publique et de Family Health International, organisme de recherche à but non lucratif qui
se spécialise dans la santé de la reproduction. Elle était parrainée par l'Institut
national américain des maladies allergiques et infectieuses (NIAID).
Qui a approuvé cette étude ?
L'importance scientifique de l'étude a été examinée et approuvée par un groupe de
scientifiques ne relevant pas du secteur public et qui en ont recommandé le financement
par le NIAID. Avant que l'étude ne soit mise en route, son protocole a été examiné et
approuvé par des comités déontologiques du Cameroun et de Family Health International.
A FHI, un Comité pour la protection des sujets d'études humains suit toutes les
recherches faites sur l'homme. Les huit membres de ce comité qui ont un droit de vote ne
sont pas employés par FHI et ils viennent de divers horizons, dont le droit, la défense
du consommateur et le clergé.
En outre, le NIAID a examiné l'étude pour s'assurer qu'elle se conformait à la
réglementation du gouvernement des Etats-Unis relative à la recherche biomédicale. Pour
s'assurer que l'étude se déroulait dans le respect du code déontologique et que les
volontaires n'étaient pas exposées à des risques excessifs, les résultats
intermédiaires recueillis tout au long de la recherche ont été passés en revue par le
comité indépendant du NIAID chargé de surveiller les données et d'assurer la
sécurité, comité composé de scientifiques provenant d'universités et d'autres
institutions non concernées par l'étude. L'aval de l'U.S. Food and Drug Administration
n'a pas été sollicité parce que le fabricant du film ne cherchait pas à obtenir
l'accord de cet organisme à des fins préventives contre le VIH.
Qui a assumé la responsabilité financière de cette étude et combien a-t-elle
coûté ?
L'étude a été financée par un don de 1,6 million de dollars provenant de l'Institut
national américain des maladies allergiques et infectieuses (NIAID). L'Agence des
Etats-Unis pour le développement international (USAID) et la fondation Mellon ont
apporté l'aide financière nécessaire à l'élaboration de l'étude.
Pourquoi cette étude a-t-elle été effectuée en Afrique et non pas aux
Etats-Unis ?
En règle générale, les recherches portant sur les maladies infectieuses sont
effectuées parmi les populations qui y sont les plus exposées. Au niveau mondial, deux
séropositifs sur trois vivent en Afrique sub-saharienne. Parmi les prostituées de cette
région du monde, le risque d'infection par le VIH est particulièrement élevé. Comme le
désir d'encourager le port du préservatif et de réduire le risque d'infection primait
sur toutes les autres considérations, le fait de réaliser cette étude au Cameroun avait
pour conséquence désirable de promouvoir des stratégies de prévention parmi les femmes
à risque élevé d'infection par le VIH. Ceci a permis d'améliorer la qualité
scientifique de l'étude tout en réduisant le risque de VIH et d'autres MST parmi les
participantes.
Pourquoi a-t-on étudié le film au N-9 plutôt que d'autres produits également
à base de N-9 ?
Ce film a été choisi parce qu'il contient une faible dose de N-9 (70 mg), ce qui
réduit l'irritation potentielle des tissus vaginaux. En outre, il présente le triple
intérêt d'être déjà en vente libre aux Etats-Unis, d'avoir un profil satisfaisant en
matière d'innocuité et d'être d'emploi relativement facile. Parce qu'il ne coûte
relativement pas cher, on était en droit de penser qu'il serait plus susceptible d'être
utilisé à grande échelle dans les pays en développement, tels que le Cameroun, si son
efficacité prophylactique contre les MST était prouvée. Le film utilisé dans le cadre
de cette étude est fabriqué par Apothecus Pharmaceutical Corp., société pharmaceutique
américaine ayant son siège à Oyster Bay, dans l'Etat de New-York. Aux Etats-Unis, ce
film est en vente libre dans plus de 25.000 pharmacies et est distribué dans plus de
6.000 dispensaires de planification familiale, d'après son fabricant. Le film est
commercialisé sous le nom de "VCF Vaginal Contraceptive Film".
Conséquences pour la santé publique
Quelles conclusions peut-on tirer de cette étude pour les individus à risque de
VIH et d'autres MST ?
Malheureusement, cette étude n'est pas encourageante pour les individus à risque de
MST, en particulier pour les femmes qui ne peuvent pas persuader leurs partenaires
d'utiliser un préservatif en latex. Pour ces femmes, le préservatif féminin constitue
une option susceptible de les protéger contre ces maladies, à condition qu'elles
l'utilisent systématiquement et correctement. FHI estime qu'il existe un besoin urgent
pour la mise au point de nouvelles options capables de protéger les individus contre le
VIH et les autres MST.
Quiconque court un risque de MST devrait savoir que l'utilisation correcte et
systématique du préservatif en latex est considérée comme la meilleure mesure de
protection. L'abstinence sexuelle et une relation mutuellement monogame entre des
partenaires séronégatifs passent pour être les moyens les plus fiables de se prémunir
contre les infections.
Que recommandent actuellement les U.S. Centers for Disease Control and Prevention
(CDC) en matière de prévention contre le VIH ?
A l'heure actuelle, les CDC recommandent l'utilisation de préservatifs en latex, avec
ou sans spermicides, en vue de prévenir la transmission du VIH parmi les personnes
sexuellement actives à risque. FHI abonde pleinement dans le sens de cette
recommandation. A ce jour, on ne dispose pas de données qui indiqueraient que les
préservatifs lubrifiés avec des spermicides soient plus efficaces pour protéger contre
la transmission du VIH et des autres MSTque les autres préservatifs lubrifiés.
Quelques recherches sur le
N-9 et les MST
| La bibliographie chronologique ci-après d'études clés sur le
nonxynol-9 (N-9) et la prévention des maladies sexuellement transmissibles (MST) a été
préparée par Family Health International (FHI). Dans toutes les études prospectives
faisant intervenir des sujets à risque de VIH, les participantes ont été encouragées
à utiliser des préservatifs en latex correctement et systématiquement. |
| Zekeng L, Feldblum PJ, Oliver RM, Kaptue L. Barrier contraceptive
use and HIV infection among high-risk women in Cameroon. [Utilisation des contraceptifs de
barrière et infection par le VIH parmi les Camerounaises à risque élevé.] AIDS
1993; 7(5):725-31. Une étude d'observation effectuée parmi 273 prostituées
camerounaises a conclu à la réduction considérable du risque d'infection par le VIH
chez les femmes qui utilisaient systématiquement le N-9 ou des préservatifs en latex.
C'était la première fois qu'une étude citait des preuves épidémiologiques à l'appui
de l'hypothèse selon laquelle le N-9 pourrait protéger contre le VIH. La moitié des
femmes avaient déclaré utiliser un préservatif lors de 63 pour cent au moins de leurs
rapports sexuels, tandis que les autres avaient déclaré utiliser un spermicide lors de
67 pour cent au moins de leurs rapports sexuels. On avait conseillé aux participantes
volontaires d'utiliser à chaque rapport sexuel un préservatif masculin lubrifié sans
spermicides et un ovule contenant 100 mg de N-9. Cette étude, d'une durée de 12 mois, a
été conduite par le Service national de contrôle du sida à Yaoundé et par Family
Health International.
Une deuxième analyse de ces données a révélé que l'utilisation d'ovules au N-9
n'aggravait pas l'incidence d'ulcérations génitales. Les recherches antérieures
suggéraient que l'usage fréquent de N-9 pouvait entraîner des irritations et des
ulcérations génitales. Or la présence d'ulcères serait un facteur de risque de VIH.
(Weir SS, Roddy RE, Zekeng L, Feldblum PJ. Nonoxynol-9 use, genital ulcers, and HIV
infection in a cohort of sex workers. [L'emploi du N-9, les ulcérations génitales et
l'infection au VIH chez une cohorte de prostituées.] Genitourin Med
1995;71:78-81). Un autre examen des données a abouti à la conclusion que les
préservatifs masculins en latex conférait une protection importante contre la
blennorragie. (Weir SS, Feldblum PJ, Zekeng L, Roddy RE. The use of nonoxynol-9 for
protection against cervical gonorrhea. [L'utilisation du N-9 aux fins de protection contre
la blennorragie cervicale.] Am J Public Health 1994; 84(6): 910-14.)
Feldblum PJ, Weir SS. The protective effect of nonoxynol-9 against HIV infection
(letter). [L'effet protecteur du nonoxynol-9 contre l'infection par le VIH -- lettre]. Am
J Public Health 1994; 84(6):1032-34.
Une réanalyse des données recueillies auprès des prostituées camerounaises a
réaffirmé les conclusions tirées de l'étude originale d'observation, à savoir que
l'utilisation du N-9 pourrait conférer une certaine protection contre le VIH. Cette
réanalyse, conduite par FHI, est arrivée à la conclusion selon laquelle les taux de VIH
étaient d'autant plus faibles que l'utilisation du N-9 était systématique. En outre,
les chercheurs ont constaté que le taux d'infection par le VIH baissait parallèlement à
la progression du port du préservatif.
Kreiss J, Ngugi E, Holmes K, Ndinya-Achola J, Waiyaki P, Roberts PL, Ruminjo I,
Sajabi R, Kimata J, Fleming TR, Anzala A, Holton D, Plummer F. Efficacy of nonoxynol-9
contraceptive sponge use in preventing heterosexual acquisition of HIV in Nairobi
prostitutes. [Efficacité de l'éponge contraceptive au nonoxynol-9 dans la prévention de
l'acquisition hétérosexuelle du VIH parmi des prostituées de Nairobi.] JAMA
1992; 268(4):477-82.
Un essai randomisé et contrôlé de l'éponge contraceptive au N-9 parmi des
prostituées de Nairobi, au Kenya, a conclu que cette méthode ne semblait pas protéger
ses utilisatrices contre le VIH. L'incidence d'ulcérations génitales -- facteur qui
prédisposerait au VIH -- était trois fois plus élevée, et le risque de vulvite
supérieur aussi, chez les femmes qui utilisaient l'éponge au N-9. En revanche, le risque
de blennorragie était réduit de 60 pour cent chez ces femmes, d'après les chercheurs de
l'université de Washington à Seattle, de l'université de Nairobi, de l'université du
Manitoba et de l'Institut de la recherche médicale du Kenya qui participaient tous à
l'étude en question. L'éponge en polyuréthane à base de N-9 avait été distribuée de
façon aléatoire à 74 femmes. Il avait été demandé à ces femmes d'insérer cette
éponge avant tout rapport sexuel, d'en changer après l'avoir utilisée avec deux ou
trois partenaires et de retirer la dernière éponge six heures après le dernier rapport
sexuel. Il avait été demandé à 64 femmes d'insérer un placebo -- d'abord un ovule à
base de glycérine, et par la suite une crème vaginale à base aqueuse -- une fois par
jour avant leur premier rapport sexuel de la journée.
Niruthisard S, Roddy RE, Chutivongse S. Use of nonoxynol-9 and reduction in rate of
gonococcal and chlamydial cervical infections. [Utilisation du nonoxynol-9 et réduction
du taux d'infections cervicales gonococciques et à Chlamydia.] Lancet 1992;
339:1371-75.
Les effets du N-9 sur la prévention de l'infection à Chlamydia et de la blennorragie
ont été examinés dans cet essai randomisé et contrôlé qui a été effectué en 1990
à Bangkok, en Thaïlande, par FHI et par l'université de Chulalongkorn. Les chercheurs
ont comparé les taux d'infection parmi 186 femmes qui utilisaient soit le film au N-9
avec des préservatifs, soit un film placebo et des préservatifs. Les participantes,
toutes volontaires, étaient des femmes qui travaillaient dans des salons de massage et
qui avaient en moyenne deux ou trois partenaires sexuels par jour. Les chercheurs ont
constaté que, dans l'ensemble, l'utilisation de N-9 réduisait de 25 pour cent le taux de
blennorragie et d'infections cervicales à Chlamydia. Chez les femmes qui utilisaient le
N-9 lors de plus de 75 pour cent de leurs rapports sexuels, le taux d'infection reculait
de 40 pour cent. Chez celles qui l'utilisaient moins souvent, le N-9 ne semblait guère
conférer de protection contre les infections cervicales. Les préservatifs protégeaient
contre la blennorragie et la Chlamydia plus que ne le faisait le N-9 utilisé seul. Aucune
différence n'avait été observée entre les deux groupes en ce qui concernait
l'apparition d'ulcères génitaux ou de candidoses. Les utilisatrices du N-9 se
plaignaient plus fréquemment d'irritations génitales, notamment de brûlures, de
démangeaisons et d'endolorissements, mais ces symptômes n'étaient pas considérés
graves.
Rosenberg MJ, Rojanapithayakorn W, Feldblum PJ, Higgins JE. Effect of the
contraceptive sponge on chlamydial infection, gonorrhea and candidiasis: a comparative
trial. [Effet de l'éponge contraceptive sur l'infection à Chlamydia, la blennorragie et
la candidose : essai comparatif.] JAMA 1987; 257(17):2308-12.
Chez les utilisatrices de l'éponge au N-9, le taux d'infections à Chlamydia était
plus faible (29 pour cent, contre 51 pour cent chez les non-utilisatrices, au bout de sept
semaines) et l'incidence de la blennorragie aussi (8 pour cent dans le premier groupe,
contre 40 pour cent dans le groupe-témoin), dans le cadre d'un essai randomisé et
contrôlé effectué à Bangkok, en Thaïlande, parmi 492 prostituées travaillant dans
des salons de massage. En revanche, l'incidence de candidoses était plus élevée chez
les utilisatrices de l'éponge que chez les autres femmes (12 pour cent contre 4 pour
cent, respectivement). La moitié des participantes, toutes volontaires, avaient reçu
l'éponge au N-9, et le groupe-témoin se composait de 246 femmes. Il avait été demandé
aux femmes de continuer à utiliser leur méthode habituelle de planification familiale --
contraceptifs oraux ou injectables dans la plupart des cas -- et elles avaient été
encouragées à recourir au préservatif. Cette étude a été réalisée par FHI et le
ministère thaïlandais de la Santé publique.
Louv WC, Austin H, Alexander WJ, Stagno S, Cheeks J. A clinical trial of nonoxynol-9
for preventing gonococcal and chlamydial infections. [Un essai thérapeutique du
nonoxynol-9 aux fins de prévention des infections gonococciques et à Chlamydia]. J
Infect Dis 1988; 158:518-23.
Dans cet essai randomisé et contrôlé, qui s'est effectué auprès de 818 femmes, des
chercheurs de l'université d'Alabama à Birmingham et du département de la Santé de
Jefferson County, à Birmingham, ont évalué la capacité du N-9 à prévenir la
blennorragie et la Chlamydia. Les participantes à l'étude étaient des clientes de
dispensaires qui traitaient les maladies sexuellement transmissibles. Il avait été
demandé à un groupe de participantes d'utiliser une gelée spermicide à base de N-9
disponible dans le commerce, tandis qu'un placebo était distribué dans le groupe
témoin. Au bout de six mois, les chercheurs ont conclu que les utilisatrices du N-9
étaient moins susceptibles que les femmes du groupe-témoin de contracter la blennorragie
ou des infections à Chlamydia. Plus le N-9 était utilisé systématiquement, plus les
taux d'infections cervicales étaient faibles.
Kelaghan J, Rubin GL, Ory HW, Layde PM. Barrier-method contraceptives and pelvic
inflammatory disease. [Les méthodes contraceptives de barrière et la maladie
inflammatoire pelvienne.] JAMA 1982; 248(2):184-87.
Des chercheurs des U.S. Centers for Disease Control and Prevention ont constaté que
les utilisatrices de méthodes contraceptives de barrière (préservatifs, spermicides à
base de N-9, diaphragme utilisé en association avec le N-9) étaient moins sujettes à la
maladie inflammatoire pelvienne (MIP) que les utilisatrices des autres moyens de
contraception et que celles qui n'en utilisaient aucun. La MIP est une maladie grave chez
la femme et elle peut entraîner la stérilité ou la mort. Les chercheurs ont analysé
les données tirées de l'étude sur la santé des femmes, grande étude multicentrique
qui s'est effectuée aux Etats-Unis entre 1976 et 1978. Ils ont comparé les méthodes
contraceptives utilisées par 645 femmes hospitalisées pour MIP aux méthodes utilisées
par 2509 femmes n'ayant pas cette affection dans leurs antécédents. |
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