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Méthodes contraceptives pour jeunes
adultes
| Un bon counseling aide les jeunes adultes qui sont
sexuellement actifs à choisir la méthode contraceptive la plus appropriée. Bien qu'il
n'y ait aucune raison biomédicale de refuser à quelqu'un une méthode contraceptive
quelconque basé uniquement sur leur jeune âge, d'autres facteurs sont importants à
considérer. Les prestataires devraient se rendre compte des barrières sociales et
culturelles auxquelles leurs clients doivent faire face, et devraient écouter
attentivement ces derniers. Certains jeunes adultes, surtout ceux qui ne sont pas mariés,
se sentent souvent gênés quand ils essayent d'obtenir des informations. Il faut que le
counseling comprenne des informations de base sur la sexualité et le cycle menstruel, la
pression exercée par les pairs, les difficultés en matière de communication et
l'inexpérience sexuelle. |
| Méthodes de barrière Les méthodes de
barrière sont particulièrement appropriées pour les jeunes adultes. Comparées aux
autres méthodes, elles sont en général d'accès facile et ne coûtent pas trop cher.
Les jeunes peuvent fournir des préservatifs directement à d'autres jeunes, et les
préservatifs sont disponibles sans prescription médicale. Ce sont des méthodes
contrôlées par l'utilisateur, qui peuvent être facilement commencées ou abandonnées
et qui ont une efficacité immédiate -- des aspects qui représentent tous des avantages
pour les jeunes.
Etant donné que les méthodes de barrière doivent être utilisées correctement lors
de chaque rapport pour être efficaces, il est nécessaire de fournir
un counseling pour que les jeunes puissent utiliser avec succès ces méthodes.
L'emploi des méthodes de barrière peut aussi s'avérer difficile pour les jeunes
adultes. Les préservatifs, en particulier, exigent une certaine participation et
communication entre partenaires, des compétences difficiles pour la plupart des jeunes.
Cependant, avec un bon counseling et une formation adéquate, le fait d'utiliser des
préservatifs peut encourager les jeunes qui ont commencé à avoir des rapports sexuels
à discuter le sujet d'une responsabilité sexuelle partagée, établissant ainsi des
types de comportement qui continueront peut-être au-delà de l'adolescence.
Ces méthodes comprennent le préservatif masculin, ainsi que les méthodes
contrôlées par la femme, à savoir : les spermicides, le préservatif féminin, le
diaphragme et la cape cervicale.
Les préservatifs en latex fournissent la meilleure protection contre les MST et le
sida. Les jeunes sont particulièrement vulnérables aux MST parce qu'ils changent de
partenaire plus fréquemment que les adultes, et en outre certains jeunes ont des
partenaires multiples. |
| Contraceptifs oraux Le counseling sur la
façon correcte de prendre la pilule est particulièrement important pour les jeunes
adultes. L'effet contraceptif de la pilule diminue rapidement lorsqu'on arrête de la
prendre. Ceci peut causer des problèmes pour les jeunes femmes, qui arrêtent parfois de
prendre la pilule lorsqu'elles rompent avec leur petit ami. Si elles recommencent à
sortir avec celui-ci peu de temps après, ou sortent avec quelqu'un d'autre, elles
risquent peut-être d'avoir des rapports sexuels avant qu'elles ne recommencent à prendre
la pilule de façon régulière. De plus, la prise de la pilule peut être moins
systématique chez les jeunes femmes que chez les femmes adultes. Les prestataires
devraient encourager les jeunes femmes à prendre leur pilule au même moment de la
journée qu'elles entreprennent une autre activité journalière, de façon à assurer une
utilisation correcte.
La pilule peut être utilisée sans
la coopération de l'homme et même sans qu'il ne le sâche. Les contraceptifs oraux (CO)
ne protègent pas contre la transmission des MST. Pour cette raison, les prestataires
devraient recommander aux jeunes adultes exposés aux MST d'utiliser des préservatifs en
même temps que la pilule.
Les CO fournissent aussi des bienfaits pour la santé non liés à la contraception,
telle la régularité des règles, la protection contre les grossesses extra-utérines,
les cancers de l'ovaire et de l'endomètre, et la maladie inflammatoire pelvienne (MIP).
Les pilules progestatives (PP), appelées aussi micropilules, sont un peu moins efficaces
pour prévenir la grossesse et elles causent des saignements intermenstruels plus souvent
que les CO combinés. Pour que les micropilules soient efficaces, il faut qu'elles soient
prises tous les jours à environ la même heure -- pas plus de trois heures d'écart --
une exigence qui peut s'avérer difficile à satisfaire pour la plupart des jeunes femmes. |
| Injectables et implants Les contraceptifs
injectables sont populaires parmi beaucoup de jeunes parce qu'il suffit d'aller
périodiquement à une pharmacie ou un dispensaire pour s'en procurer. Une provision à
domicile n'est pas nécessaire, et un homme ne saurait jamais que son partenaire les
utilise. Toutefois, la visite au dispensaire ou à la pharmacie pourrait être un obstacle
pour certaines jeunes femmes qui voudraient utiliser cette méthode.
Ces contraceptifs hormonaux fournissent une excellente protection contre la grossesse,
mais aucune protection contre les MST. Ils sont sans danger pour les jeunes adultes, et
tout comme la pilule, ils entraînent des bienfaits à long terme pour la santé, y
compris un risque diminué de MIP, de grossesse extra-utérine et de cancers de l'ovaire
et de l'endomètre. Cependant, contrairement aux pilules, il n'est
pas nécessaire de prendre les contraceptifs injectables et les implants tous les jours,
ce qui les rend plus faciles à utiliser pour la plupart des jeunes gens. Il y a deux
contraceptifs injectables aux progestatifs, le DMPA (l'acétate de médroxyprogestérone
sous sa forme retard), qui se prend tous les trois mois ; et le NET-EN (l'énanthate de
noréthistérone), qui se prend tous les deux mois.
Le Norplant, un système d'implants contenant uniquement un progestatif, est efficace
pendant cinq ans, ce qui le rend une méthode attrayante pour les jeunes femmes qui savent
ne pas vouloir d'enfants pendant plusieurs années. Le Norplant exige une opération
chirurgicale assez simple pour son insertion et son retrait.
Ces méthodes entraînent souvent des saignements irréguliers, des petits saignements,
ou l'aménorhée, ce qui pourrait inquiéter certaines femmes. Il y a aussi un délai dans
le retour de la fécondité avec ces méthodes, ce qui pourrait être important pour les
jeunes gens.
Il existe une inquiétude qui est encore théorique concernant l'utilisation des
méthodes aux progestatifs-seuls pour les filles de moins de 16 ans, à cause de l'effet
possible du niveau réduit d'strogène naturelle sur la densité des os. Les résultats
préliminaires provenant des recherches donnent à penser que l'utilisation à long terme
du DMPA pourrait être associée à une réduction de la densité des os, mais que ceci
pourrait se corriger après l'arrêt des injections.
1. Cundy T, Evans M, Roberts H, et al. Bone density in women receiving depot
medroxyprogesterone acetate for contraception. Br Med J 1991;303:13-16; Cundy T,
Cornish J, Evans MC, et al. Recovery of bone density in women who stop using
medroxyprogesterone acetate. Br Med J 1993;308:247-48. |
| Abstinence L'abstinence est la méthode la
plus efficace de toutes pour prévenir la grossesse et la transmission des MST. Elle
devrait être discutée en tant qu'option pour les jeunes adultes qui n'ont pas encore
commencé à avoir des rapports sexuels, et aussi pour ceux qui ont déjà des rapports
intimes. L'abstinence demande un haut degré de motivation et de contrôle de soi, ce qui
la rend difficile à suivre pour un bon nombre de jeunes adultes. Le counseling devrait se
concentrer sur l'acquisition des capacités nécessaires pour résister à la pression
exercée par leurs pairs ou leur partenaire. |
| Dispositifs intra-utérins (DIU) Avec une bonne anamnèse, les DIU peuvent être utilisés en toute innocuité
par les jeunes femmes qui sont dans des relations stables et réciproquement monogames.
Pour ces femmes là, il est important de leur apprendre à vérifier régulièrement la
présence des fils pour confirmer que le DIU est toujours en place. Les femmes ayant moins
de 20 ans et qui n'ont pas encore eu d'enfant peuvent courir un risque accru d'expulsion
et de complications.
Le dépistage des MST est particulièrement important. Les DIU ne sont pas recommandés
pour les femmes qui courent un risque accru de MST. Une femme qui a eu une MST au cours
des trois derniers mois ne devrait pas se faire insérer de DIU tant que l'infection n'est
pas guérie. La procédure d'insertion peut accroître le risque d'infection au niveau des
voies supérieures de l'appareil génital, ce qui pourrait entraîner une maladie
inflammatoire pelvienne, voire la stérilité. Les DIU sont très efficaces quant à la
prévention de la grossesse, ont peu d'effets secondaires, et ne coûtent pas cher. Les
DIU ne protègent pas contre les MST. |
| Contraception d'urgence Pour beaucoup de
jeunes, l'acte sexuel est imprévu et sporadique, cependant, peu de jeunes sont au courant
de la "contraception d'urgence". Cette dernière consite à prendre des
contraceptifs à la suite de rapports non protégés. C'est une option qui peut s'utiliser
dans les cas suivants : oubli d'utilisation d'une méthode de barrière ou de prendre la
pilule, utilisation incorrecte d'une méthode, rapports imprévus et sans contraception,
préservatif qui se déchire ou glisse pendant les rapports, et viol. La contraception
d'urgence n'est pas conçue pour être utilisée comme méthode de contraception
régulière. L'approche la plus commune est de suivre une certaine posologie de pilules
contraceptives. Des doses plus élevées que la normale doivent être prises, la première
dose pas plus de 72 heures après les rapports non protégés et la deuxième 12 heures
après la dose initiale. Pour atteindre la dose efficace, il suffit d'utiliser plusieurs
pilules contraceptives à usage régulier, typiquement deux ou quatre pilules, selon leur
puissance. |
| Planification familiale naturelle Les
méthodes de planification familiale naturelle sont peut-être les seules options
disponibles pour certains jeunes adultes. Cependant, pour pouvoir pratiquer l'abstinence
périodique ou le retrait (coït interrompu) avec succès, les couples doivent faire
preuve d'un haut degré de motivation et de contrôle de soi. De plus, l'abstinence
périodique exige une connaissance complète du cycle menstruel. Ce sont des connaissances
et des caractéristiques que beaucoup de jeunes n'ont pas.
Dans les premiers mois qui suivent la ménarche, le cycle menstruel n'est pas
régulier, ce qui rend l'abstinence périodique difficile à pratiquer. De plus, comparés
aux autres méthodes de contraception, l'abstinence périodique et le retrait ont des taux
très élevés de grossesse, et ni l'un ni l'autre ne peuvent protéger contre les MST . |
| Stérilisation La stérilisation n'est
généralement pas appropriée pour les jeunes adultes qui viennent d'entrer dans leurs
années procréatives. Des recherches démontrent que le regret d'avoir subi la
stérilisation est souvent associé au fait d'avoir effectué la procédure à un jeune
âge. Dès lors, il est extrêmement important que tout jeune adulte qui envisage la
stérilisation sâche que c'est une procédure permanente et qui devrait être
considérée comme irréversible. La réversibilité est possible, mais ne réussit pas
toujours, et ce genre d'opération n'est pas effectué dans beaucoup d'endroits.
Les jeunes adultes peuvent éprouver des changements dans leurs vies et décider plus
tard qu'ils veulent avoir des enfants. Ceci dit, chaque client doit tout de même savoir
qu'il n'y a pas de raison médicale de refuser la stérilisation à un jeune adulte basé
uniquement sur son âge.
1. Wilcox LS, Chu SY, Eaker ED, et al. Risk factors for regret after sterilization:
five years of follow-up in a prospective study. Fertil Steril 1991;55:927-33. |
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