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Les pays africains introduisent des soins après avortement améliorés dans les services de maternité

Bien que l’avortement soit illégal dans tous les pays francophones d’Afrique de l’Ouest, les avortements provoqués ne sont pas rares et contribuent de façon majeure à la mortalité et à la morbidité maternelles. Actuellement, la technique standard pour le traitement des complications avec saignement associées à l’avortement incomplet est le curettage tranchant. Cette procédure nécessite une salle d’opération et l’administration d’un lourd sédatif ou d’une anesthésie générale, ce qui favorise un risque accru de complications chirurgicales. Le curettage nécessite en général que la patiente reste au moins une nuit à l’hôpital et accroît ainsi le coût des soins. De plus, le counseling en planification familiale (PF) pour les clientes de soins après avortement (SAA) n’est pas fourni systématiquement dans la plupart des hôpitaux et l’accès aux services de PF pour ces femmes peut être difficile.

Comme alternative, les soins après avortement (SAA) sous anesthésie locale utilisant l’aspiration manuelle intra-utérine (AMIU) pour traiter les complications dues au saignement et incluant le counseling et des services de PF ont été établis dans beaucoup de pays à travers le monde et se sont montrés comme étant une approche sans risque et efficace par rapport aux coûts pour la prise en charge des clientes avec des complications après avortement. On est en train d’introduire des services utilisant l’AMIU dans les hôpitaux universitaires au Burkina Faso, en Guinée et au Sénégal.

africa.gif (1818 bytes)Pour réussir, l’introduction des services de SAA nécessite un soutien, une planification minutieuse et une coordination entre les prestataires de services, les administrateurs et les décideurs. Bien qu’étant encore dans ses débuts en Afrique de l’Ouest, l’initiative de SAA responsabilise les prestataires de services et continue à obtenir l’appui des pays où elle est en train d’être introduite. La chose la plus importante est que l’amélioration de l’accès à des services de SAA de qualité aide à réduire l’une des causes majeures de mortalité maternelle dans la région—les complications de l’avortement incomplet.

Neuf activités clés dans l’établissement de services de SAA complets de qualité

1. Le plaidoyer et le développement d’un consensus par les principaux intéressés—le Ministère de la Santé, les administrateurs des hôpitaux et les responsables des maternités — sont absolument nécessaires. Initialement, des réunions ont lieu entre les principaux intéressés pour discuter des problèmes et aboutir à un consensus et à un appui pour l’initiative de SAA.

2. Une évaluation des besoins est effectuée pour recueillir les informations sur les procédures en cours pour le traitement des complications de l’avortement ainsi que les pratiques actuelles de prévention des infections (IP) et de PF. Les informations provenant de l’évaluation des besoins contribuent au développement de séances de formation et de services améliorés de SAA.

3. Un atelier en prévention des infections est tenu à l’intention du personnel clé qui est en mesure d’améliorer les pratiques de PI dans la maternité. L’atelier prépare ce personnel à mener l’initiative de SAA en obtenant du matériel de PI essentiel et en améliorant les compétences et les pratiques des prestataires en PI.

4. Une mise à jour en technologie de la contraception est tenue pour mettre à jour les professionnels de la santé sur les méthodes de PF les plus appropriées pour les clientes des SAA.

5. Une ébauche des directives de prestations de services est rédigée ou mise à jour par ces professionnels de la santé mettant l’accent sur la prestation de services de PF de qualité en post-partum et après avortement.

6. Une orientation du personnel médical a lieu pour le personnel de la maternité et de l’hôpital ainsi que pour le personnel des maternités voisines qui aiguillent les patientes pour être traitées. Lors de cette réunion, on donne l’opportunité au personnel de revoir les informations importantes concernant les problèmes de l’avortement incomplet et de se familiariser avec les éléments d’un système complet de soins postabortum. On les informe également du nouveau service qui va être fourni.

7. Une assistance technique est fournie pour mettre en place les unités de SAA et développer les protocoles de prise en charge basés sur les nouvelles directives de prestations de services. On prend en considération la circulation des patients, l’organisation des services d’urgence, le counseling et les services de PF pour organiser un service modèle. Des discussions ont lieu pour déterminer qui est responsable du matériel et des instruments pour l’AMIU. Les progrès dans la mise en œuvre des pratiques recommandées de PI sont également évalués et les problèmes restants corrigés.

8. Un atelier pour les équipes de prestations de services en SAA est tenu pour assurer aux équipes de SAA (médecins et infirmiers) les compétences cliniques et de counseling nécessaires pour fournir des soins de qualité en utilisant l’AMIU. Un consultant passe 2 à 3 jours dans chaque maternité pour aider à initier les services de SAA.

9. Des visites de suivi sont faites dans chacune des maternités pour déterminer dans quelle mesure chacun des centres offre des services de SAA de qualité et pour aider à résoudre les problèmes.

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