Une Etude sur les complications de l'avortement à risque en Afrique fut
publiée en août 1995, comme faisant partie de l'effort collaboratif parmi le
Secrétariat de la Communauté de la Santé Régionale du Commonwealth (Commonwealth
Regional Health Comunity Secretariat--CRHCS) pour l'Afrique Australe, Centrale et de
l'Est, JHPIEGO, IPAS et l'Académie pour le développement de l'Education (Academy for
Educational Development). Cette étude présente le résultat d'une revue de la
documentation sur l'avortement en Afrique sous-saharienne (ASS) de 1980 à 1994 ainsi que
de la collecte des données primaires dans trois pays du Commonwealth (le Malawi,
l'Ouganda, et la Zambie). Les dernières données recueillies dans les trois pays du
Commonwealth, relatives en particulier à cette étude ont confirmé, pour la majeure
partie, les conclusions de la revue générale de la documentation.
Parmi les admissions hospitalières dans les services de gynécologie, la large
proportion de patientes qui subissent un avortement incomplet (jusqu'à 60% dans certains
endroits) indique un vaste problème au niveau de la santé publique. On remarque que
l'hémorragie et la septicémie sont les deux complications de l'avortement à risque les
plus répandues chez les femmes qui se présentent dans les centres sanitaires.
Les expériences acquises grâce à l'utilisation de l'aspiration manuelle
intra-utérine (AMIU) en ASS pour le traitement des complications de l'avortement ont
été positives, comme le prouvent des séjours raccourcis à l'hôpital et une réduction
de la nécessité d'une seconde évacuation; cependant, il existe des écarts de recherche
importants, y compris comment élargir les services d'AMIU aux premiers échelons du
système des soins de santé.5
Il existe très peu d'information relative au coût du traitement des complications de
l'avortement. Selon une étude6
comparative du coût hospitalier pour les patientes traitées par AMIU contre le coût du
curetage aigu, les dépenses liées à l'utilisation de l'AMIU sont diminuées plus de
65%. Les chercheurs qui ont recueilli des données primaires au Malawi ont estimé que les
coûts pour le traitement de l'avortement pour une seule patiente sans complications
sérieuses étaient plus élevés que le montant budgetisé par année, pour les soins
sanitaires globaux par personne, par le Parlement du Malawi.
Dans la plupart des sites qui ont fait l'objet de l'enquête dans les trois pays
étudiés, les prestataires de services ont remarqué que les patientes, souffrant
d'avortement incomplet, n'utilisaient aucune méthode de planification familiale moderne
lorsqu'elles sont tombées enceintes. Dans les écrits étudiés, c'était surtout les
adolescents, qui n'utilisaient pas de méthode efficace de contraception. Souvent, les
adolescents n'ont pas accès aux services de planification familiale--ce qui en fait une
population particulièrement vulnérable en ce qui concerne l'avortement à risque.
Des écrits relatifs à la recherche sur les services de planification familiale après
avortement sont pratiquement inexistants en ASS, une réflection probablement de la lacune
de ces services en général dans la région. En fait, dans les centres où les enquêtes
ont été effectuées on n'a offert ni un counseling en matière de planification
familiale après-avortement, ni des méthodes de planification familiale, avant de
renvoyer les patientes. Beaucoup de prestataires, cependant, ont pensé que l'on devrait
offrir une information et des services en matière de planification familiale aux
patientes à la suite du traitement de complications post-abortum.
Dans la plupart des pays de l'Afrique de l'Est, Centrale et Australe, les lois locales
interdisent aux femmes ou limitent leur accès aux avortements légaux et sans risque.
Cependant les prestataires malawiens, ougandais et zambiens enquêtés estiment presqu'à
l'unanimité que malgré ces lois, les femmes continueront à réclamer des avortements et
les prestataires continueront à les effectuer.
En novembre 1994, les conclusions d'une étude et des implications réglementaires et
de programme, résumant l'ébauche initiale d'une monographie, furent présentées au
personnel officiel qui assistait à la 22ème Conférence des Ministres de la Santé qui
s'est tenue à Blantyre au Malawi. La version finale de cette étude fut présentée et
distribuée lors de la réunion du Comité Consultatif des Directeurs du CRHCS à Nairobi,
au Kenya en août 1995. On a utilisé cette étude pour ébaucher un plan d'action
régional pour aborder les divers aspects du problème. Des représentants des Ministères
de la santé des 13 pays d'Afrique Australe, Centrale et de l'Est, ainsi que des membres
des bailleurs de fonds, y compris la Banque Mondiale et le Fond des Nations Unies pour la
Population ont assisté à cette réunion.