Santé Maternelle et Néonatale

Questions à considérer lors de l’établissement de services de soins après avortement dans les milieux aux ressources limitées: Document de stratégie

Extension des services

Initier des services de SAA globaux est une étape importante vers la réduction de la mortalité et de la morbidité maternelles dues aux complications de l’avortement. Pour réduire plus amplement la maternité et la morbidité maternelles, il faut étendre les services de SAA à des centres de prestations de services supplémentaires et aller progressivement dans des zones plus éloignées. C’est à ce niveau qu’il se peut que le secteur privé peut jouer un rôle plus important. Par exemple, au Kenya, plus de 40 pour cent des services de SAA sont fournis par des praticiens privés.

Par rapport à l’introduction des services de SAA, on a moins d’expérience concernant l’extension des services et il existe donc moins d’informations disponibles. Par conséquent, les sections suivantes présentent un bref passage en revue des facteurs qui devraient être considérés avant d’étendre les services de SAA. Ces facteurs se basent largement sur les leçons tirées de l’introduction des services. On s’attend cependant à ce que les programmes dans les pays soient obligés d’aborder la plupart lorsqu’ils vont considérer l’extension.

Réunions de stratégie nationale Il faudrait que les principaux intéressés revoient les domaines appropriés des PNP nationaux qui ont été développés durant la phase d’introduction et qu’ils les adaptent si nécessaire pour développer une stratégie d’extension au niveau national. Le manuel de référence du Consortium de SAA, Soins après avortement: Guide pratique pour améliorer la qualité des soins, fournit des recommandations pouvant être adaptées pour chaque pays. Le passage en revue par les principaux intéressés devrait se concentrer sur les politiques et protocoles qui vont responsabiliser à la fois les agents sanitaires et les prestataires de soins sanitaires traditionnels au niveau communautaire pour qu’ils fassent partie des programmes d’extension. Cela inclut le fait de considérer le niveau de soins qu’on leur permettra de fournir et les directives qui leur permettront un meilleur accès à des niveaux de référence plus élevés. Les réunions de stratégie nationale devraient également inclure des occasions de discuter de questions liées à la participation communautaire et à la mobilisation sociale. De plus, il faudrait que les réunions d’information se tiennent avec des décideurs politiques régionaux et des responsables de programmes et qu’elles se concentrent sur l’importance d’étendre les services de SAA dans l’ensemble du pays et sur ce qui est nécessaire pour accomplir l’extension.

Une fois en place, la stratégie nationale va permettre de décider où, quand et comment les activités de SAA seront étendues. La stratégie va élaborer:

  • les critères de sélection pour l’extension des centres,
  • quel niveau de prestataires de services sera formé, et
  • la meilleure manière de transférer les connaissances et compétences cliniques nécessaires pour fournir des services de qualité.

Pour la plupart des pays, il est probable que le premier niveau d’extension se fasse dans les maternités des hôpitaux de district ou dans les maternités de la capitale qui ne fournissent pas encore de services de SAA. L’extension subséquente devrait inclure les hôpitaux et les polycliniques de district situées à l’écart de la capitale ou des grandes villes.

Lors de ces réunions, il faudrait également discuter des questions concernant la pérennisation. Par exemple, dans la plupart des pays, les femmes paient pour les services dans les maternités. Par conséquent, il faudrait déterminer le coût pour fournir les services et développer une échelle de paiements de sorte que les femmes utilisant les services puissent contribuer à leur pérennisation.

Développement de critères pour sélectionner les centres d’extension Les critères d’évaluation pour les centres d’extension devraient être tirés des facteurs suivants:
  • prise en charge actuelle des femmes se présentant avec des complications après avortement,
  • capacité d’accepter les clientes référées,
  • utilisation de pratiques recommandées de PI,
  • counseling et services de PF,
  • prestation d’autres services de SR,
  • stabilité du personnel, et
  • disponibilité de l’équipement et des fournitures.

Il est de la plus haute importance que les centres proposés aient un nombre de cas projetés pour permettre aux prestataires formés de maintenir leurs compétences.

Recensement des besoins Il faudrait qu’une équipe constituée de représentants du Ministère de la Santé et de prestataires impliqués dans la phase d’introduction des SAA évalue les centres d’extension proposés pour déterminer s’ils répondent aux critères de sélection. Les centres les plus susceptibles d’être sélectionnés pour le premier niveau d’extension sont les maternités des hôpitaux régionaux et les polycliniques de taille importante. Au cours du recensement des besoins, le personnel sera mis au courant de la stratégie d’extension et l’on déterminera s’ils s’intéressent à intégrer les SAA dans les services de SR existants. On choisira les cliniques et les hôpitaux étant disposés à allouer une partie de leurs ressources humaines, matérielles ou financières et dont les centres répondent aux critères de sélection.
Formation Des prestataires de services et des enseignants sélectionnés impliqués dans la phase d’introduction seront identifiés comme membres des équipes de formation pour l’extension et formés en tant que formateurs cliniques. La formation soulignera les points essentiels des principes d’apprentissage des adultes, y compris les techniques d’apprentissage participatif et une concentration sur le développement des compétences. Le matériel d’apprentissage sera revu et adapté si c’est nécessaire, pour s’assurer qu’il réponde aux besoins en formation pour la stratégie d’extension.

Développer des hôpitaux universitaires et leurs cliniques satellites en tant que centres de formation clinique durant la phase d’introduction prépare la base pour une formation de base en SAA améliorée car les étudiants en médecine et les étudiantes infirmières et sages-femmes utilisent ces structures pour la formation clinique. Par conséquent, lorsque la phase d’extension commencera, la formation de base en SAA aura dû être institutionnalisée. Au Kenya et au Népal, la formation de base a été institutionnalisée et tous les diplômés en médecine reçoivent maintenant une formation en SAA. Au Burkina Faso, à la fois les étudiants en médecine et les étudiantes infirmières et sages-femmes vont également recevoir cette formation bientôt.

La formation en SAA devrait profiter d’autres activités de formation appropriées déjà en place. Par exemple, dans certains centres hospitaliers, les généralistes viennent dans les maternités pour un stage de 6 mois pour apprendre de nouvelles techniques chirurgicales. Cela est l’occasion parfaite pour introduire les SAA et pour que les médecins mettent leur temps à profit au cours de cette formation. En outre, le fait d’avoir amélioré les connaissances et les compétences en PI, la manière de parler au patient et l’utilisation du counseling va améliorer la qualité des soins pour toutes les procédures chirurgicales, et pas seulement les SAA.

Dans le cadre de la phase d’extension du projet, on ne devrait avoir besoin que d’une formation continue limitée. Cela devrait avoir lieu dans les centres modèles établis durant l’introduction des services. L’extention des activités au niveau des districts et au delà va nécessiter le même niveau de connaissances et de compétences qui avaient été nécessaires pour introduire les SAA dans les hôpitaux universitaires. A mesure que la stratégie d’extension évolue, il se peut qu’un type de formation sur le tas structurée soit la manière la plus efficace pour le prestataire de services d’atteindre la compétence, en particulier dans les structures sanitaires où la base de la population est moindre et où moins de femmes viennent pour des services de SAA chaque jour.

Information, éducation et communication (IEC) Informer les gens sur la disponibilité accrue des services de SAA devrait être une composante clé de toutes les activités d’éducation en matière de santé communautaire. Etant donné que les SAA font partie intégrante de la santé maternelle, on devrait en parler dans les réunions communautaires comme étant l’un des nombreux services disponibles. Ces réunions présentent l’occasion de souligner les améliorations concernant la prise en charge des clientes et la prévention des infections. Ces réunions fournissent également l’occasion au personnel de soins sanitaires de demander leur avis aux clients—un élément essentiel de la prestation de services de qualité—et donnent l’occasion aux gens de poser des questions, de donner leur avis et d’obtenir des informations exactes sur les services de SAA.

Au cours de ces réunions, il faudrait fournir des informations sur la disponibilité d’autres services de SR tels que des bilans de fertilité, prise en charge des MST ou tests de cancer du col. Enfin, il faudrait que des aides visuelles ou audio-visuelles soient disponibles pour accroître le temps limité des prestataires à cet effet et pour aider les femmes à mieux comprendre les services offerts.

Systèmes de gestion et de logistique Avec une augmentation des points de prestations de services, il est encore plus important d’établir des systèmes efficaces pour assurer que le matériel soit fourni et que l’on fasse le rapport exact des services rendus. Par exemple, du matériel clinique (gants, pinces de Pozzi, spéculum, équipement d’AMIU, etc.) devrait être disponible dans les centres où les prestataires ont été formés en SAA.(Dans certains pays, le personnel hospitalier a créé des kits d’urgence qui contiennent toutes les fournitures essentielles pour traiter une femme venant en urgence à la maternité.) Il se peut qu’il soit plus efficace d’intégrer les fournitures de SAA dans les fournitures de soins obstétricaux d’urgence dans le centre d’approvisionnement d’un hôpital.

Un certain nombre de ministères de la santé ont institué des systèmes de gestion logistique à la fois au niveau central et de district dont certains sont assistés par des ordinateurs. Ces systèmes devraient être modifiés pour incorporer la logistique des SAA. Par exemple, il faudrait ajouter des rubriques au formulaire d’achat pour un réapprovisionnement facile en matériel d’AMIU. Il faudrait également que le ministère de la santé ait des adresses de distributeurs de kits d’AMIU pour le réapprovisionnement.

Il va falloir recueillir des données sur une échelle plus importante pour surveiller les services de SAA. Il faudrait revoir et réévaluer les systèmes qui ont été développés durant la phase d’introduction et reconsidérer les informations essentielles nécessaires pour contrôler les services de SAA adéquatement. En plus, il faudrait qu’un système soit mis en place pour suivre les prestataires qui ont été formés et voir où ils ont été affectés. Le fait d’avoir ces informations va permettre au ministère de la santé de prendre une meilleure décision concernant les endroits où les SAA peuvent être offerts et de s’assurer que l’équipement et les fournitures nécessaires sont dans le nouveau centre. Idéalement, il faudrait intégrer les services de SAA dans les efforts déjà entamés par le ministère de la santé.


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