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Plaidoyer
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La définition du plaidoyer est le processus dobtention dun appui
pour une cause ou une politique. Le plaidoyer le plus efficace pour les
services de SAA est réalisé par le pays même, avec des agences
partenaires jouant un rôle facilitateur. Il faut que les autorités
gouvernementales, la presse et la société dans son ensemble
reconnaissent que lavortement à risque ébranle sérieusement la
santé des femmes et leur vie. Il faut voir lintroduction des SAA comme
un moyen daméliorer les services existants plutôt que quelque chose
de complètement nouveaules SAA font partie de la "vie
courante" des services de soins sanitaires. Il faut également que le
concept des
SAA soit compris et accepté au niveau de la communauté. Les étapes
dans le développement de la stratégie de plaidoyer comprennent:
- former un réseau de membres de la communauté;
- effectuer un recensement des besoins;
- organiser des activités de dissémination;
- développer, mettre en place et évaluer un plan daction; et
- utiliser les constatations des évaluations pour planifier de
nouvelles initiatives et obtenir un appui supplémentaire.
Alors que lon devrait encourager lutilisation de lAMIU plutôt
que la dilatation et curetage, si elle nest pas encore disponible, il
faudrait relier les services de PF et de SR aux services durgence
existants. En outre, pour obtenir lappui du gouvernement pour les
services de SAA, il faudrait diriger les efforts de plaidoyer vers les
points suivants:
- augmenter la prise de conscience sur combien il est urgent de
traiter les complications de lavortement;
- lier la PF et dautres services de SR aux services durgence,
accroître laccès aux services et améliorer leur qualité; et
- encourager lacceptation des services de SAA par la communauté.
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Accès aux services
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Pour améliorer laccès aux services de SAA, il faut
que les personnes chargées de développer le programme travaillent avec
les femmes dans leurs communautés ainsi quavec les prestataires de
services, les structures sanitaires et le gouvernement et les organismes
de réglementation. Il faut aborder les problèmes liés à la qualité et
au coût des services comme faisant partie de cet effort.
Les femmes et les communautés. Il est crucial de
travailler avec les femmes et leurs communautés pour améliorer laccès
aux SAA. Il faudrait que les réseaux de femmes, les leaders traditionnels
et les prestataires de soins traditionnels soient tous engagés dans lintroduction
et lextension des services de SAA. Il faudrait demander leur opinion
aux membres de la communauté sur le problème et les solutions possibles.
Les femmes qui sont des leaders dans les communautés contribueront à
informer les autres sur les SAA. Le fait de déterminer où les femmes
vont pour les soins durgence ainsi que leur opinion sur les services de
SAA peut aider à fournir une structure pour introduire ou étendre les
services de SAA et les intégrer dans le système de soins sanitaires
existant. Au fur et à mesure que la communauté est engagée dans lintroduction
et lextension subséquente de ces services sanitaires nécessaires,
elle peut être mobilisée pour fournir le transport pour les SAA ainsi
que pour les soins obstétricaux essentiels (SOE).
Prestataires de services. Il faut appuyer une
approche neutre du cadre. Dans de nombreux pays en développement, la
question que lon se pose nest pas de savoir sil faut former des
médecins, des infirmières ou des sages-femmes, mais plutôt de savoir
qui est disponible pour faire le travail à la fois dans les secteurs
public et privé. Parce que la formation nest quune partie de lapproche
des systèmes multidimensionnels proposés, les investissements doivent
être axés sur la formation de la catégorie dagents de santé disponible
à un point de prestations de services donné (voir Annexe 1, Prestation
des soins après avortement par niveau de structure de soins sanitaires et
de personnel). Les agents sur le terrain se sentent souvent
impuissants parce quils ne sont pas formés pour répondre aux défis
des services pour lesquels ils sont responsables, ou parce que la loi et
les règlements ne leur permettent pas de fournir des services dans
lesquels ils sont compétents. Souvent, ils sont le premier point de
contact pour les patientes souffrant de complications de lavortement;
cependant, dans de nombreux pays, ils nont pas été formés pour
prendre ces cas en charge. De plus en plus, il faut que les infirmières,
les sages-femmes et les aides médicales assument les fonctions qui
faisaient traditionnellement partie du domaine des médecins. En Afrique
et dans la majeure partie de lAsie, cela est la situation typique parce
que les médecins ne font pas partie du personnel des centres de services
de soins de santé primaires (CSP). Etant donné que les médecins sont
souvent situés loin de ces centres, de simples problèmes de saignement
peuvent devenir plus graves et mettre la vie en danger sans traitement
immédiat. Donc, il faut que des prestataires appropriés soient formés
pour prendre en charge de telles situations.
Structures sanitaires. Il faudrait intégrer les
services de SAA dans les services existants de santé maternelle, de
maternité sans risque ou de soins obstétricaux essentiels (SOE), et les
offrir dans les structures de plus bas niveau possible. Là où cela est
possible, il faut que les services durgence (AMIU pour le saignement,
antibiotiques pour la septicémie et IV pour la stabilisation ou le
transfert) soient disponibles 24 heures sur 24. Il faut que des systèmes
de logistique appropriés soient en place pour garantir que les
médicaments, les fournitures médicales et léquipement de base
nécessaires à la prestation de ces services soient disponibles
continuellement. Egalement, parce que la prestation immédiate de PF sest
montrée être la plus efficace, il faudrait faire des efforts pour
fournir un counseling et des services aussi près que possible du lieu des
soins durgence.
Gouvernement et organismes de réglementation.
Il faut revoir les politiques, normes et protocoles (PNP) et les pratiques
de prestations de services et il faut discuter de laccès aux services
avant de commencer le projet. Il est nécessaire de sengager à
travailler avec les autorités appropriées et de fournir un appui
technique pour sassurer que les services sanitaires périphériques, et
pas seulement centraux, aient la capacité de prendre en charge les
préoccupations et les situations durgence relatives aux SAA. Cet
engagement signifie explorer de nouvelles manières plus simples de
fournir les soins là où on en a le plus besoinau niveau de la
communauté. Par exemple, lutilisation du misoprostol par voie orale,
une prostaglandine, pour contrôler lhémorragie postpartum peut être
utilisé potentiellement pour empêcher que le saignement après
avortement névolue en des problèmes plus sérieux. Lutilisation du
misoprostol peut être particulièrement importante dans les zones rurales
ou éloignées où les services médicaux sont limités. Avant que le
misoprostol ne soit incorporé dans les SAA, il faut cependant établir
des normes pour son utilisation dans la prise en charge du saignement
après avortement. |
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Institutionnalisation de la
formation |
Jusquà ce jour, la formation continue ou recyclage a
été le moyen pour former les prestataires de services dans la plupart
des pays en développement. Les bailleurs de fonds internationaux ainsi
que le personnel des ministères de la santé et de léducation, ont de
plus en plus conscience que la formation continue nest pas la manière
la plus rentable ou efficace de fournir une éducation ou une formation de
base en SR, en particulier pour les procédures cliniques. Le fait de
faire venir des prestataires à un stage de recyclage entraîne des coûts
financiers (location dune salle de formation, déplacements,
restauration/hébergement, etc.) et dérange la prestation des services
(les prestataires doivent sabsenter temporairement de leurs postes pour
participer à la formation). Il se peut aussi que la motivation des
prestataires pour apprendre de nouvelles compétences fasse défaut; il
est possible que les prestataires ne perçoivent pas la compétence comme
faisant partie intégrante des responsabilités de leur travail parce quelle
ne faisait pas partie de leur formation de base. En outre, les sujets qui
sont enseignés au cours dactivités de formation continue peuvent
être perçus comme étant des "services supplémentaires" qui
ne sont pas inclus dans lensemble des services de base et qui sont par
conséquent moins importants.
Alors quinitialement il se peut quil soit
nécessaire dintroduire les services de SAA par le biais de la
formation continue, il est souhaitable que la formation soit rapidement
transférée dans le contexte de la formation de base. Il faudrait
considérer la formation en SAA comme étant une part essentielle de lensemble
de compétences de base étant enseignées dans les facultés de médecine
et dans les écoles dinfirmières et de sages-femmes. Chaque fois que
le volet de SR du programme de formation de base est révisé, il faudrait
ajouter la formation en SAA ou, si cest nécessaire, laméliorer. La
formation de base fournit une meilleure occasion dinfluencer les
attitudes des prestataires et de standardiser les compétences. Comme pour
dautres compétences cliniques, la formation clinique en SAA va être
plus efficace lorsquelle survient vers la fin du programme pédagogique,
proche de la période où létudiant va travailler indépendamment dans
le milieu clinique (par exemple, internat ou poste clinique).
Le fait de cibler les hôpitaux universitaires pour
introduire les services de SAA établit les bases pour la formation des
étudiants en médecine, et les étudiantes infirmières et sages-femmes
en SAA. Il faudrait que tous les étudiants comprennent le concept des SAA
et limportance dêtre prêts pour les urgences. Il est important de
développer les hôpitaux universitaires et les cliniques satellites comme
services modèles et ensuite comme centres de formation pour assurer que
les étudiants aient suffisamment dopportunités pour la pratique
clinique. Il est tout aussi important que les étudiants aient loccasion
dobserver une équipe de prestataires qui fonctionne bien fournissant
des services de SAA et de travailler avec elle.
Il faudrait que les démarches denseignement et de
formation de base corrigent les attitudes des prestataires et
sensibilisent ceux en cours de formation sur les questions complexes
entourant les SAA. De plus, il est essentiel que le système de
prestations de services soit capable dappuyer ce que les étudiants
apprennent dans le contexte de la formation de base. Les centres cliniques
modèles utilisés pour la formation en SAA, où différentes catégories
de personnel peuvent être formées ensemble en tant quéquipe, jouent
un rôle important dans linstitutionnalisation de la formation et lextension
des services de SAA.
Que ce soit pour la formation continue ou pour la
formation de base, des kits dapprentissage axé sur les compétences
sont nécessaires. Pour chaque pays, il faut prendre une décision pour
voir si le matériel de formation existant peut être adapté ou sil
faut en développer un nouveau spécifiquement pour le programme. Lexpérience
a montré que ces kits devraient inclure des fiches dapprentissage, des
algorithmes, des protocoles et utiliser des modèles anatomiques pour la
pratique initiale.
Un autre problème à aborder est la manière dont les
prestataires de services vont maintenir leurs compétences après la
formation. Un noyau de prestataires de services devrait recevoir
une formation initiale, et ensuite avoir loccasion de maintenir leurs
compétences de sorte quil y ait assez de professionnels compétents
disponibles pour fournir des services 24 heures sur 24 dans les structures
sanitaires. Si le nombre de cas est limité, il faudrait que ces individus
soient formés en petits groupes (trois à cinq individus) pour obtenir
assez dexpérience clinique avec les patients. |
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Pérennisation
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La pérennisation est définie comme étant la capacité
des pays de continuer leurs programmes sans recevoir dappui extérieur.
Il faudrait que les efforts entamés pour favoriser la pérennisation des
services de SAA tiennent compte de la volonté politique, des systèmes
financiers et de gestion, de la supervision et de la prestation des
services. La disponibilité des SAA et leur accès sont limités non
seulement par le manque de ressources matérielles et humaines mais
également par labsence dappui du gouvernement hôte. Il faudra
traduire lengagement en action, ce qui obligera les gouvernements
hôtes à accepter la responsabilité dassurer la disponibilité
continue des SAA et leur accès accru. Par exemple, il faudrait rendre les
éléments de SAA disponibles dans les unités de santé les plus petites
du système de soins sanitaires pour servir de porte dentrée pour les
femmes ayant besoin de services. Le fait de les rattacher aux
polycliniques ou aux hôpitaux de district, soit à ceux qui fournissent
soit des soins durgence (AMIU), soit à ceux qui servent descale
pour stabiliser les femmes malades en état critique avant de les
référer, appuierait davantage lintégration des SAA dans le système
de soins sanitaires. Pour que les services de SAA soient durables, il faut
quils soient fondés sur une base solide de prestations de services de
qualité.
La communauté joue également un rôle important pour
assurer la pérennisation de nimporte quel programme de SAA. Un facteur
clé est la mobilisation des ressources et lappui communautaires pour
les services de SAA. Par exemple, dans les pays où les patientes ont lhabitude
de payer pour les soins, on peut demander à celles qui ont les moyens de
payer des frais abordables pour les services. En général, les clients
veulent bien payer si les services fournis sont de bonne qualité. Dans
les années à venir, on sattend à ce que lengagement du secteur
privé permette daugmenter la disponibilité des services de SAA et
leur accès parce que les prestataires du secteur privé fournissent
déjà une part substantielle de ces services dans de nombreux pays.
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