Santé Maternelle et Néonatale

Questions à considérer lors de l’établissement de services de soins après avortement dans les milieux aux ressources limitées: Document de stratégie

Introduction

 

 

 

 

 

Les complications dues aux avortements spontanés et provoqués— principalement l’hémorragie, l’infection ou le traumatisme cervical et utérin—demeurent une cause majeure de décès maternels dans de nombreux pays et contribuent à la santé généralement précaire des femmes dans ces pays. Par exemple, dans certains pays, l’avortement est la cause de jusqu’à 50 pour cent de décès liés à la grossesse et, d’après des estimations récentes issues de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), jusqu’à 15 pour cent de la mortalité maternelle est due aux complications de l’avortement. Cette prise de conscience a généré beaucoup de discussions sur la meilleure manière d’aborder ce problème de santé publique.

Pour réduire le risque d’invalidité à long terme ou de décès provenant de complications de l’avortement, il faut que les gouvernements s’engagent à travailler avec les communautés et fournissent des services d’urgence de haute qualité et accessibles à tous les niveaux du système de soins sanitaires. Bien que nécessaire pratiquement partout, dans de nombreux pays le traitement pour l’avortement incomplet est:

  • disponible uniquement dans les hôpitaux secondaires ou tertiaires situés dans des zones urbaines,
  • effectué dans des salles d’opérations par une équipe de spécialistes, et
  • généralement effectué par curette (dilatation et curetage) et sous sédation profonde ou anesthésie générale.

Le manque de moyens de transport et les coûts prohibitifs mettent ces services hors de portée des femmes pauvres dans les zones rurales. En outre, le continuum des soins cesse généralement une fois que la situation d’urgence est passée, laissant les femmes prisonnières d’un cycle dangereux de grossesses non désirées et d’avortements à risque souvent illégaux.

Bien que l’importance de relier les soins d’urgence et la planification familiale soit évidente, jusqu’à récemment, ces deux types de soins n’étaient offerts ensemble que rarement. En effet, ce n’était qu’en 1993 qu’Ipas a inventé l’expression "soins après avortement" (SAA) qui inclut:

  • le traitement d’urgence de l’avortement incomplet et des complications pouvant menacer la vie;
  • la prestation du counseling et de services de planification familiale; et
  • les liens entre les soins d’urgence et d’autres services de santé reproductive (SR) (par exemple, dépistage d’infertilité, prise en charge des maladies sexuellement transmissibles (MST), détection de cancer du col ou soins anténatals).

Depuis lors, de nombreux événements sont survenus. Par exemple, résultant des efforts de nombreux individus et organisations, les activités de soins après avortement appuyées par l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) ont été lancées dans plus de 30 pays.1 Egalement, partout dans le monde, on est en train d’encourager l’aspiration manuelle intra-utérine (AMIU), une méthode efficace pour traiter les complications de saignement et qui promet un accès accru aux soins d’urgence. Comparée à la dilatation et curetage, l’AMIU offre un certain nombre d’avantages. Elle ne nécessite pas de sédation profonde ou d’anesthésie générale et peut être fournie dans un contexte de soins externes par des infirmières et des sages-femmes utilisant des instruments et un équipement peu coûteux et réutilisables. En outre, il est plus facile d’enseigner et d’acquérir la compétence en matière d’AMIU qu’en dilatation et curetage. Enfin, on a beaucoup appris par le biais de la recherche opérationnelle sur le meilleur moyen de lier les soins d’urgence à la PF et d’autres services de SR, mobiliser l’appui de la communauté et mieux utiliser le secteur privé pour fournir les services de SAA.

Des lacunes significatives existent cependant encore dans la mise en œuvre de la stratégie globale des SAA. Par exemple, lors de la réunion des Agences de coopération engagées dans les SAA appuyée par l’USAID en janvier 1999, il a été rapporté que nul pays n’est encore arrivé à satisfaire la demande existante pour les services de SAA ni à fournir un éventail complet de services de SAA. De plus, les questions clés telles que le plaidoyer, l’extension des services, l’institutionnalisation et la pérennisation des services de SAA restent à être abordés. En conséquence, un certain nombre de recommandations ont été données pour rectifier ces lacunes. L’une d’entre elles, "...le besoin de développer une approche globale pour les services de SAA, y compris la conception, la mise en œuvre et l’extension," a été le point de départ de ce document.

Les éléments clés du canevas stratégique des SAA sont brièvement décrits dans la première section. Dans les sections subséquentes, ces éléments sont intégrés dans les principales étapes nécessaires pour introduire et étendre les services de SAA dans les pays aux ressources limitées. Ces recommandations sont principalement basées sur l’expérience programmatique des cinq dernières années de JHPIEGO et de nos partenaires ainsi que d’autre leçons apprises sur le terrain.


1 Les sept agences appuyées par l’USAID sont les suivantes: AVSC International, INTRAH/PRIME, JHPIEGO Corporation, Johns Hopkins University Center for Communications Programs, Pathfinder International, le projet POLICY et Population Council.


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