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PERSPECTIVES DE LA
COMMUNAUTE EN CE QUI CONCERNE LAVORTEMENT A RISQUE ET LES SOINS APRES AVORTEMENT1
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Généralités |
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Le Projet POLICY2, en collaboration avec le Bureau des services
pour le développement économique pour lAfrique du Sud et de lEst
(REDSO/ASE) et le Bureau dAfrique de lUSAID, est en train de mettre en
place une initiative régionale pour diminuer le nombre et les conséquences
de lavortement à risque en promouvant les SAA. Le projet décrit dans ce
document a été entrepris par le Projet POLICY pour améliorer la
compréhension du rôle des communautés en matière de prévention de lavortement
à risque et de services de SAA.
La plupart des efforts des programmes de SAA abordent les SAA du point de vue de la prestation de services, avec un accent sur la recherche opérationnelle, la formation des prestataires de services et les stratégies de prestation de services. Les perspectives de la communauté, telles que les connaissances et les attitudes sur lavortement à risque et les comportements relatifs à la recherche dune meilleure santé parmi celles qui ont fait lexpérience de complications de lavortement, manquent grandement. Cependant, de telles informations sont cruciales pour concevoir des services orientés vers les clientes qui auront un impact maximum pour réduire la morbidité et la mortalité et rompront le cycle davortements répétés. La communauté de santé publique reconnaît que lengagement des intéressés est crucial pour étendre, améliorer et pérenniser les programmes et les services de SAA. Cependant, cest souvent que lon ignore les communautés en tant quintéressés. En même temps, en cette époque de ressources de soins sanitaires limités, cest souvent que lon fait appel aux communautés pour quelles jouent un rôle actif pour aborder les problèmes sanitaires, y compris ceux découlant de lavortement à risque. Pourtant, il nexiste que peu dinformations disponibles concernant la manière dont les communautés perçoivent ce rôle et ce quelles croient pouvoir faire.
Les difficultés pour recueillir les informations sur lavis de la communauté concernant lavortement est une des raisons pour laquelle la recherche dans ce domaine a été négligée. Les méthodes traditionnelles de recueil des données telles que les enquêtes, se sont montrées inadéquates pour recueillir des données valides sur ce thème délicat. Lillégalité de lavortement3 et lempreinte sociale négative y étant attachée contribuent à la réticence des gens de fournir des informations aux chercheurs. Toutefois, en 1997, le groupe théâtral Amakhosi, une troupe de théâtre éminente au Zimbabwé, a produit une pièce sur la grossesse chez les adolescentes, lavortement à risque et les SAA intitulée "Dont be Ungaqali" ("Ne soyez pas Ungaqali").4,5 Les audiences qui ont vu les avant-premières ont donné volontiers leurs commentaires sur les questions abordées dans la pièce lors de discussions après les représentations. Elles ont aussi recommandé que lon montre également la pièce à dautres personnes pour promouvoir le dialogue. Reconnaissant le potentiel de la pièce comme outil de recherche et de dialogue, le Projet POLICY et Groupe théâtral Amakhosi ont commencé un projet de collaboration en octobre 1998 pour effectuer des recherches sur le point de vue de la communauté concernant lavortement à risque et les SAA. En utilisant la méthodologie de théâtre social, le projet a également visé à promouvoir le dialogue et les actions communautaires. Le projet va continuer jusquen juin 1999. Ce document résume les constatations issues de la recherche réalisée dans la première phase du projet qui sest concentrée sur le recueil dinformations sur lavis de la communauté. La deuxième phase se concentre sur la mesure de limpact de la pièce et de la méthodologie théâtrale sociale pour mobiliser les actions communautaires. Un rapport à venir sur la Phase deux va présenter les résultats issus de cette composante du projet. En plus, on va produire un guide sur les "leçons tirées" de lutilisation du théâtre social pour la recherche et la mobilisation de la communauté et un documentaire vidéo sur lensemble du projet. |
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Méthodologie |
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En novembre et décembre 1998, la troupe théâtrale a
joué une série de représentations de la pièce "Dont be
Ungaqali" ("Ne soyez pas Ungaqali") dans la province Nord de
Matebeleland. La pièce de 45 minutes, jouée par 13 acteurs professionnels,
utilise une combinaison de théâtre, musique et comédie pour raconter lhistoire
dun jeune couple dadolescents se sentant forcés davoir des
rapports sexuels à cause de linfluence de leurs amis. La fille, qui
tombe enceinte, est abandonnée par son copain quand il apprend son état.
Les deux sont renvoyés du foyer par leurs parents. Ayant peu de choix, le
garçon sen va en Afrique du Sud et la fille emménage chez une
prostituée qui lui conseille de prendre des mesures pour avoir un
avortement. Lavortement est effectué par un nyanga, ou
guérisseur, qui fournit à la fille un peu de muti, un remède à
base de plantes. La fille avorte, mais souffre de graves complications. Ses
parents apprennent la situation. Sa mère sarrange pour lamener à lhôpital
alors que son père soccupe de faire appréhender le nyanga. La
fille survit mais souffre de dommages irréparables et elle ne pourra jamais
avoir denfants. La pièce finit où la mère sadresse à laudience
et la met en garde sur les dangers de lavortement à risque. Elle
conseille aussi sur le fait que si une femme fait lexpérience de
complications dues à lavortement, il faudrait quelle reçoive des
soins médicaux et un counseling en PF immédiatement.
Des représentations ont eu lieu dans neuf localités rurales et urbaines
dans les districts de Hwange et de Bulawayo du Matebeleland Nord. Après
chaque représentation, on invitait laudience à rester pour discuter des
questions soulevées dans la pièce. Lauteur de la pièce et une
infirmière de santé publique dirigeaient les discussions alors que deux
chercheurs documentaient ce qui était dit.
En tout, approximativement 2500 personnes ont assisté aux représentations. Le nombre de participants aux discussions après les représentations allait de 18 à 100 personnes. Les efforts pour recruter des membres appartenant à des groupes dintéressés spécifiques pour venir aux représentations et aux discussions ont été fructueux. Les participants comprenaient des membres officiels élus de la ville, des chefs traditionnels, des professionnels en soins sanitaires, des guérisseurs traditionnels, des enseignants et administrateurs pédagogiques, le clergé et les leaders religieux, la police, des magistrats de la court, des leaders commerciaux, des membres officiels militaires, des représentants dONG de niveau national et communautaire et des organisations civiles de société, ainsi que des membres de la communauté en général. Les chercheurs ont également effectué des interviews pour recueillir des informations clés avec des représentants de ces groupes dintéressés avant et après les représentations. Cinquante-trois entretiens ont été menés avec 61 informateurs. La plupart, des personnes enquêtées ont assisté à la représentation, mais pas tous. |
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Résultats |
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Lobjectif primaire de lanalyse était de
documenter léventail complet de réponses qui ont été exprimées. Les
points les plus marquants du point de vue des personnes qui ont répondu
sont résumés ci-dessous.6
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Actions recommandées |
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Discussion |
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Les membres de la communauté voient le problème de lavortement à
risque avec une large perspective qui inclut les dimensions familiales,
communautaires et sociétales. Cette perspective se concentre sur la
prévention de la grossesse non désirée et lavortement. Bien que les
membres de la communauté appuient en général le concept des services de
SAA, ceux qui ont besoin de ces services ne les recherchent souvent pas
parce quils ont peur de poursuites légales, dun traitement sévère
ou dêtre exposés par les infirmières.
Pour augmenter lutilisation des services parmi ceux qui en ont besoin, il faut améliorer la qualité des soins et que ces améliorations soient définies du point de vue des clientes. Cette tâche nest cependant pas simple. Par exemple, il est possible que le fait doffrir aux clientes la confidentialité, lappui et le counseling quelles veulent, crée un dilemme pour certains prestataires de services issu de conflits au niveau de leurs valeurs morales et professionnelles. De plus, améliorer la qualité des services à partir de lavis des clientes ne suffit pas. Il faudrait également changer la perception de la communauté vis à vis des services pour augmenter lutilisation des services de SAA. Cela présente aussi des défis parce que de nombreux membres de la communauté pensent que des traitements confidentiels et positifs entraîneraient une augmentation de la fréquence de lavortement. Le point de vue de la communauté soulève également des problèmes sur la stratégie des SAA de fournir des services de PF au moment du traitement durgence pour les complications de lavortement. De nombreux membres de la communauté ont fait des observations sur la PF en général. Ces commentaires étaient à la fois positifs et critiques. La PF nétait pas considérée nécessairement comme étant la meilleure approche de prévention de la grossesse non désirée ou de lavortement. Deux défis particuliers surgissent pour les services de PF après avortement: les restrictions légales pour la prestation de contraceptifs aux filles et aux jeunes et la communauté sopposant à cette prestation. Au Zimbabwé, la politique de PF limite la prestation de contraceptifs qui ne sont fournis quaux individus âgés de 16 ans ou plus. Par conséquent, les contraceptifs ne sont pas disponibles au moment du traitement durgence pour les femmes courant le risque le plus élevé davortement à risque. Lamélioration des services de SAA à partir du point de vue des clients irait loin dans le but de renforcer limpact des SAA sur la morbidité, la mortalité et lavortement répété. Mais pour maîtriser le problème de lavortement à risque il faut en faire plus que juste fournir des services de SAA de haute qualité. Les membres de la communauté sont motivés pour agir et ils ont des idées spécifiques sur ce quil faut faire. La communauté sanitaire peut renforcer son rôle en salliant à des organisations daction communautaire pour sensibiliser les groupes communautaires et favoriser le dialogue sur la PF, les services de SAA et les dangers de lavortement à risque. |
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Notes |
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Références |
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Kinoti S et al. 1995. Monograph of Complications of Unsafe Abortion in
Africa (Monographie sur les complications de lavortement à risque
en Afrique). Reproductive Health Research Programme of Commonwealth
Regional Health Community Secretariat (CRHCS) for East Central and Southern
Africa, JHPIEGO Corporation et Ipas: Baltimore, Maryland.
Settergren S et al. 1999. Community Perspectives on Unsafe Abortion and Postabortion Care. Projet POLICY: Research Triangle, North Carolina. Version préliminaire. (14 avril.) |
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