Santé Maternelle et Néonatale

Questions à considérer lors de l’établissement de services de soins après avortement dans les milieux aux ressources limitées: Présentations lors de l’atelier

SOINS APRES AVORTEMENT POUR PREVENIR LES FUTURS AVORTEMENTS suite

Dr. Douglas Huber, MSc et Edith Bowles, MA

Eviter les avortements répétés

Pour réduire les décès maternels et éviter les avortements répétés, il est crucial de fournir un counseling en PF et des méthodes contraceptives ainsi qu’un traitement d’urgence pour les complications de l’avortement à risque lorsque c’est nécessaire. Les femmes qui ont eu un avortement mais qui n’ont pas immédiatement accès à des services de PF sont à haut risque d’avoir des avortements répétés, particulièrement étant donné qu’une femme peut retomber enceinte dans les 2 semaines après avoir eu un avortement.

Malgré les taux relativement élevés d’avortements au Kazakstan, seulement 41 pour cent des femmes rapportent avoir eu un avortement. Cependant, parmi ces 41 pour cent, 70 pour cent ont rapporté avoir eu plus d’un avortement.

Une évaluation effectuée à la Clinique pour les cas à haut risque, appuyée par Pathfinder, à l’Hôpital National de Kenyatta à Nairobi au Kenya, a révélé que parmi les patientes admises pour le traitement des complications de l’avortement, 55 pour cent des femmes interviewées ont rapporté avoir eu un avortement au préalable (Mati 1997).

Une étude effectuée parmi les patientes dans trois centres vietnamiens a révélé une moyenne de 2,2 avortements par patiente, ce qui suggère une haute fréquence d’avortements répétés (Nguyen et al 1998).

Tableau 2. Avortement antérieurs parmi les femmes subissant un avortement

PAYS

FEMMES AYANT SUBI DES AVORTEMENTS MULTIPLES

Kazakstan

70% > 1 (enquête)

Kenya

55% avortement antérieur

Vietnam

2,2 nombre moyen d’avortements

Source: Pathfinder International 1999.

Les projets appuyés par Pathfinder dans les hôpitaux kenyans, péruviens et vietnamiens cherchent à assurer que les informations de PF et les méthodes contraceptives soient disponibles aux femmes qui ont eu un avortement ou qui ont été traitées pour un avortement à risque. Ces projets ont résulté en un accroissement significatif du nombre de femmes quittant les structures avec une méthode de PF.

La clinique pour les cas à haut risque à Nairobi a été établie en 1991 pour fournir des services de PF/SR aux adolescentes et aux jeunes adultes qui avaient accouché ou reçu un traitement pour un avortement à risque à l’Hôpital national Kenyatta. Une évaluation des services de la clinique a documenté une augmentation du nombre des patientes utilisant une méthode contraceptive. Trente-quatre pour cent des femmes interviewées ont rapporté avoir utilisé une méthode de PF avant de venir à la clinique, alors que 54 pour cent ont accepté une méthode après avoir visité la clinique (Mati 1997).

LA CONTRACEPTION APRES AVORTEMENT ET POSTPARTUM CHEZ LES JEUNES ADULTES A L’HOPITAL NATIONAL KENYATTA A NAIROBI

Acceptation de la planification familiale4

  • Cinquante-quatre pour cent des clientes, à la fois postpartum et après avortement, ont accepté les méthodes de PF après le counseling à la Clinique pour les cas à haut risque pour les jeunes adultes. Cela représente une augmentation de 20 pour cent par rapport aux 34 pour cent de clientes qui ont dit n’avoir jamais utilisé de PF avant de venir à la Clinique pour les cas à haut risque.

  • Parmi celles qui choisissent une méthode de PF, les méthodes les plus populaires étaient la pilule (58 pour cent), suivi par les injectables (25 pour cent) et les condoms (12 pour cent).

  • Les patientes après avortement étaient de façon significative plus susceptibles d’accepter une méthode de PF que les patientes postpartum ne l’étaient.

Des évaluations cliniques des structures sanitaires péruviennes ont révélé que le nombre de patientes après avortement quittant les structures avec une méthode contraceptive était négligeable (Ferrando et Gutierrez 1998). Après un cours de formation en counseling et en services de PF, appuyé par Pathfinder, à l’intention de praticiens de soins sanitaires dans 13 structures, 43 pour cent des patientes après avortement ont rapporté avoir reçu une méthode contraceptive après le traitement (Ferrando 1998).

Le programme de santé reproductive appuyé par Pathfinder au Vietnam a résulté en l’augmentation dramatique du nombre de patients de l’avortement recevant une méthode de contraception, étant passé d’une moyenne de 12 pour cent dans les sites de quatre programmes à une moyenne de 49 pour cent, entre 1995 et 1997 (Nguyen et al 1998).

Les médecins formés par Pathfinder au Kazakstan et en Azerbaijan rapportent que le pourcentage de patientes de l’avortement recevant une méthode de contraception a augmenté pour passer de quasiment zéro au début du programme à 80–90 pour cent (Huber 1999).

Tableau 3. Prestation accrue de la contraception après avortement

PROJET DE PATHFINDER

AVANT

APRES

Kenya

négligeable

54%

Pérou

négligeable

43%

Vietnam

12%

49%

Kazakstan

négligeable

80–90%*

Azerbaijan

négligeable

80–90%*

* Estimé par les stagiaires de Gynéco-Obstétrique.

Source: Pathfinder International 1999.

Considérations pour l’introduction des SAA et leur pérennisation5

  • La PF postpartum peut être une activité clé que les prestataires trouvent hautement acceptable et qui présente une justification convaincante pour étendre les services de PF aux femmes après avortement dans les mêmes structures, en particulier en Amérique Latine. En Afrique, la PF postpartum a été ajoutée à la PF après avortement à la Clinique pour les cas à haut risque de l’hôpital national Kenyatta. La plupart des prestataires pensent qu’il est naturel d’offrir des services de PF aux deux groupes une fois qu’ils réalisent combien les services peuvent être précieux aux femmes et une fois qu’ils ont réussi à incorporer soit la PF après avortement soit la PF postpartum dans leur travail

    .
  • La PF après avortement est la composante sanitaire la plus importante parmi les trois éléments définissant les SAA (les deux autres étant des liens à la PF et aux autres services de SR en cours, et au traitement de l’avortement incomplet utilisant l’AMIU). Les SAA peuvent sauver des vies surtout en prévenant la nécessité d’avortement à risque à l’avenir par le biais de prestations de services de PF immédiates et continuelles.

  • Des liens entre les services de PF en cours et les autres services de SR sont nécessaires pour fournir aux clientes après avortement des services de PF efficaces, accessibles et acceptables.Ceci est un défi majeur et requiert des mécanismes différents de ceux employés pour la plupart des clientes de PF. En général, les femmes ne reviennent pas dans la structure qui fournit un traitement pour l’avortement incomplet si elles ont besoin de services de PF. D’autres services de SR sont également inclus, mais en pratique, ils ne sont pas faciles à relier à ce groupe particulier.

  • Le Traitement de l’avortement incomplet à l’aide de l’AMIU peut être une composante clinique délicate et difficile à introduire dans de nombreux hôpitaux qui utilisent la dilatation et curetage classique. L’AMIU elle-même n’a pas d’effet majeur sur la mortalité des patientes après avortement. Les avantages réels viennent de la promotion du meilleur traitement d’ensemble des femmes souffrant des avortements incomplets en réduisant la douleur, en permettant d’utiliser l’anesthésie locale (au lieu de l’anesthésie générale), en n’utilisant pas la salle d’opération et en permettant l’empathie et une interaction verbale entre les femmes et leur personnel soignant. Cela crée un meilleur climat durant des circonstances difficiles pendant lesquelles la femme peut faire un choix éclairé et sans pression sur les options contraceptives qui seront les plus adéquates pour elle.

Les prestataires peuvent améliorer beaucoup de ces éléments durant l’utilisation de la dilatation et curetage avec une progression logique vers l’AMIU à l’avenir si celle-ci n’est pas acceptable de suite. Dans certains milieux en Afrique, les prestataires s’intéressent à utiliser l’AMIU elle-même car elle ne fait pas l’objet d’une sensibilité particulière. De manière idéale, il faudrait que les trois éléments de bons soins de SAA soient introduits en même temps, mais en pratique, les deux ci-dessus peuvent être un bon point de départ.

Eléments actuels des SAA du point de vue de l’impact sanitaire et des services y étant liés

  • Contraception après avortement fournie avant le renvoi au domicile

  • Contraception postpartum liée aux soins après avortement avant le renvoi au domicile pouvant précéder la contraception après avortement ou la suivre

  • Liens aux services de PF en cours avec ou sans d’autres services de SR

  • Remplacement de la dilatation et curetage par l’AMIU, facilitant l’utilisation du contexte de soins externes en se concentrant sur l’appui de la contraception après avortement et des économies de coûts pour la procédure et pours les avortements futurs évités

Evaluation des services de SAA

En se basant sur les considérations ci-dessus, voici certains des indicateurs les plus importants de services de SAA couronnés de succès:
  • La proportion (pourcentage) de patientes de SAA quittant la structure avec une méthode de contraception est aisément accessible grâce à des sources de recueil de données routinières. Ce taux d’acceptation de la contraception immédiatement après l’avortement peut augmenter dramatiquement sur une courte période de temps.

  • L’utilisation continue de la PF à 6 mois ou à un an est nécessaire pour mesurer l’utilisation continue et la mise en place réussie des liens avec les services de PF en cours.

  • La gamme de méthodes contraceptives est très importante pour pouvoir évaluer la qualité et le volontarisme. Il faudrait comparer la gamme de méthodes avec la gamme de méthodes de PF après avortement puisque l’on s’attend à ce que les deux soient assez différents.

  • L’utilisation de l’AMIU pour traiter les patientes des SAA facilite l’économie de coûts en plaçant la procédure dans le département de soins externes et en utilisant l’anesthésie locale.

  • La satisfaction des clientes avec tous les éléments des services de SAA devrait être documentée périodiquement par le biais d’interviews de départ, d’interviews de suivi ou les deux.

Ces composantes d’évaluation sont des éléments clés pour évaluer la PF après avortement et le point de vue des clientes concernant les services de SAA. D’autres éléments d’évaluation peuvent améliorer la qualité des évaluations de soins cliniques pour les services de SAA.

Conclusion

Le manque de services de PF efficaces, accessibles et acceptables est la lacune la plus évidente entraînant les avortements à risque. Etant donné le retour rapide de la fertilité après l’avortement, il est nécessaire de s’assurer que des services de PF après avortement efficaces et sensibles aux clientes soient fournis. Changer l’attitude des prestataires, y compris parfois un changement dans les pratiques punitives, est tout aussi nécessaire que d’améliorer la prise en charge clinique des complications après avortement. Une formation spéciale, un appui et une évaluation pour la composante de PF après avortement sont nécessaires pour des services complets de SAA.

Les rôles complémentaires de la PF post-partum et après avortement s’allient aux autres éléments des services de SAA pour amplifier l’effet global sur la santé maternelle.

Notes

  1. Adapté de: Mati JKG. 1999. High Risk Young Adults Clinic, Kenyatta National Hospital, Nairobi, Kenya. (Notes d’évaluation). Pathfinder International: Boston, Massachusetts. (Janvier.)

  2. Adapté de: Huber D. 1998. Key Strategic Elements for PAC Introduction and Sustainability. Pathfinder International: Boston, Massachusetts. Rapport interne.

Références

Bowles E and K Bourne. 1999. Family Planning and the Prevention of Abortion. Pathfinder International: Boston, Massachusetts. Version préliminaire. (Avril.)

Ferrando D. 1999. Improving Postabortion Care Services in Peru. (Notes d’évaluation). Pathfinder International: Boston, Massachusetts. (Janvier.)

Ferrando D. 1998. Improving Postabortion Care in Peru. Pathfinder International: Boston, Massachusetts.

Ferrando D and M Gutierrez. 1998. The Current State of Postabortion Care in Public Hospitals in Peru. Pathfinder International: Lima, Pérou.

Guzman A, D Ferrando and L Tuesta. 1999. Treatment of Incomplete Abortion: An Evaluation of Manual Vacuum Aspiration Versus Curettage in the Maternal Perinatal Institute in Lima, Peru. (Notes d’évaluation.) Pathfinder International: Boston, Massachusetts. (Janvier.)

Huber D. 1999. Communication personnelle. (Mars.)

Huber D. 1998. Key Strategic Elements for PAC Introduction and Sustainability. Pathfinder International: Boston, Massachusetts. Rapport interne.

Mati JKG. 1999. High Risk Young Adults Clinic, Kenyatta National Hospital, Nairobi, Kenya. (Notes d’évaluation). Pathfinder International: Boston, Massachusetts. (Janvier.)

Mati JKG. 1997. Evaluation of Reproductive Health Services, High Risk Young Adults Clinic, Kenyatta National Hospital, Nairobi, Kenya. Pathfinder International: Nairobi, Kenya.

Nguyen MT et al. 1998. Client Perspectives on Quality of Contraceptive and Abortion Services at Three Sites in Vietnam. Hanoi, Vietnam.

Novaes da Mota C and S Webb. 1998. The Practice of Induced Abortion Among Low-Income Populations in Rio de Janeiro: Perspectives of Clients and Health-Care Providers. Pathfinder International: Boston, Massachusetts. Pathfinder International. 1999. (Avril.)

Pile JM et al. 1998. The Quality of Abortion in Turkey. Document préparé pour Global Meeting on Postabortion Care: Advances and Challenges in Operations Research. Population Council: New York.

Postabortion Care Consortium. 1994. Postabortion Care: A Global Health Issue. (Vidéo.) Postabortion Care Consortium.

Sharing Responsibility: Women, Society and Abortion Worldwide. 1998. Alan Guttmacher Institute: New York.

Yoseph S. 1993. A Survey of Illegal Abortion in Addis Ababa. Addis-Ababa, Ethiopie.

Etudes et rapports supplémentaires de Pathfinder sur les SAA

Colton T. Août 1998. Abortion Policy and Practice in Latin America and the Caribbean: A Review with Annotated Bibliography. Pathfinder International: Boston, Massachusetts.

Crosbie C. 1997. Presentation to USAID: Peru Postabortion Program. (Novembre.)

der Korkanian D. 1998. A Project Review of Pathfinder International’s PP/PA Family Planning Services. Pathfinder International: Boston, Massachusetts. (Août.)

Ferrando D. 1997. Clinical Training Evaluation Postpartum and Postabortion Contraception: Summary. Pathfinder International: Lima, Pérou. (Mars.)

Guzman A, D Ferrando and L Tuesta. 1995. Treatment of Incomplete Abortion: Manual Vacuum Aspiration Versus Curettage in the Maternal Perinatal Institute in Lima, Peru. Pathfinder International: Bureau d’Amérique Latine du Sud. (Octobre.)

Kabira D. 1998. NCIH Paper Presentation: Interventions to Improve Access in Postpartum and Postabortion Family Planning Services: Three Case Studies, Kenya-Peru-Vietnam. Pathfinder International: Boston, Massachusetts.

Novaes da Mota C. and S Webb. 1996. The Practice of Induced Abortion Among Low-Income Populations in Rio de Janeiro: Perspectives of Clients and Health Care Providers. Pathfinder International: Boston, Massachusetts. (Novembre.)

Pathfinder International. 1998. Hospital Assessment Guide for PAC Services. Pathfinder International: Boston, Massachusetts. (Juillet.)

Pathfinder International. 1993. Addressing the Consequences of Unsafe Induced Abortion: A Program Strategy for Improving the Health of Women. Pathfinder International: Boston, Massachusetts. ( Janvier.)

Shumba P. 1997. The High Risk Clinic, the Kenyatta National Hospital. Women’s Voice 20. Nairobi, Kenya. (Août.)


Page locale | Planification familialeSanté maternelle et néonatale | Cancer du col | Thèmes liés à la santé | Outils pour le formateur | Salle de lecture | Sites Web apparentés | Outils pour le site Web | Recherche sur ReproLine

Recherche rapide 

 

Conception du site Web copyright © 1995-2003 par JHPIEGO Corporation. Tous droits réservés. Dernière mise à jour: 09 July 2003