Santé Maternelle et Néonatale

Questions à considérer lors de l’établissement de services de soins après avortement dans les milieux aux ressources limitées: Présentations lors de l’atelier

ACCROITRE L’ACCES, AMELIORER LA QUALITE: LEÇONS TIREES DES PROGRAMMES DE SOINS APRES AVORTEMENT suite

Sally Girvin, RNC, NP

Lesson 6: La formation seule n’est pas assez; l’appui des superviseurs est vital

Former les prestataires en counseling en PF et en AMIU n’est pas assez pour créer un programme de SAA. Il faut que la programmation des SAA engage également les superviseurs et les administrateurs et encourage leur adhérence à l’idée en favorisant leur participation dans le développement du programme en cours et dans la résolution de problèmes. Former les prestataires sans appui institutionnel ne produit pas de changements qui soient complètement incorporés dans la prestation concrète des services.

 

Exemples

  • En Tanzanie, nous avons initialement inclus seulement les gynécologues-obstétriciens et quelques autres prestataires dans la formation. L’évaluation du programme à mi-parcours, nous a révélé que les administrateurs voulaient également être inclus dans les SAA et autres formations pour pouvoir mieux superviser et soutenir leur personnel.

  • En Uzbékistan, nous avons mené des mises à jour en technologie contraceptive en tant qu’élément de notre travail en SAA. Certains prestataires étaient cependant incapables de pratiquer ce qu’ils avaient appris à cause de la résistance de leur superviseur. Cette expérience a mis en évidence la nécessité de recueillir l’appui des superviseurs et de les garder impliqués dans les activités des programmes.

Leçon 7: Prise en charge de la douleur—le besoin négligé Actuellement, les recommandations pour la prise en charge de la douleur pour les clientes des SAA sont tirées de la documentation et de l’expérience avec la prise en charge de la douleur pour l’avortement provoqué. Les clientes après avortement et les clientes de l’avortement ont souvent des états physiques différents (par exemple, les femmes avec un avortement incomplet ont habituellement des cols dilatés). Il faut explorer davantage les problèmes liés au contrôle de la douleur pour les SAA et disséminer les constatations. AVSC est en train d’effectuer des recherches sur la prise en charge de la douleur spécifique aux SAA.

Exemples

  • En Tanzanie, le manque de standards nationaux pour le traitement de l’avortement incomplet résulte en la situation où l’on ne fournit pas assez de médicaments pour la douleur ou aucun.

  • En Indonésie, la plupart des procédures d’AMIU sont effectuées sans médicaments contre la douleur alors que l’anesthésie générale ou les sédatifs lourds sont utilisés pour d’autres procédures.

Leçon 8: Il ne faut pas oublier les adolescentes et les hommes

Les programmes de SAA devraient inclure les adolescentes. Même dans les pays où l’avortement est légal, les adolescentes ont souvent recours aux avortements à risque et illégaux. Il faut que les stratégies de SAA atteignent les adolescentes, non pas seulement en reconnaissant leur présence dans la conception du programme, mais aussi en cherchant leur point de vue. De cette manière, la programmation des SAA va s’assurer que les adolescentes clientes de SAA vont recevoir le traitement et la PF dont elles ont besoin.

Il faudrait que la programmation des SAA inclue également les hommes autant que possible. Les hommes jouent un rôle important dans les SAA et souvent les influencent. La PF, l’éducation, les références à d’autres services, et même les informations sur les soins après la procédure et les signes d’alarme fournissent tous des chemins possibles pour promouvoir l’engagement des hommes dans les SAA.

Exemples

  • En Uzbékistan, malgré le statut légal de l’avortement, les adolescentes sont confrontées à beaucoup des mêmes barrières à l’accès auxquelles leurs contemporaines font face dans les pays ayant des politiques d’avortement limitées par la loi. Elles n’ont pas d’endroit où aller pour la PF et, si elles tombent enceintes, il y a peu d’endroits où elles peuvent aller pour se faire avorter. En conséquence, il est possible qu’elles aient recours à l’avortement à risque hors du système sanitaire normal où l’on promet la confidentialité.

  • En Turquie, les hommes jouent un rôle important en ce qui concerne la période après avortement. On a appris que la PF après avortement n’a pas à se limiter sur les DIU et les pilules: la vasectomie a émergé comme étant une méthode de PF après avortement efficace et fréquemment utilisée.

Leçon 9: Le Misoprostol est ici, et il est en train de changer la face des complications de l’avortement

Dans certains pays où AVSC travaille, l’utilisation de médicaments tels que le Misoprostol pour provoquer l’avortement a entraîné une baisse de la sévérité des complications de l’avortement. La plupart des femmes se présentent avec des avortements incomplets plutôt qu’avec des complications plus graves telles que la perforation ou l’infection. Des informations supplémentaires sur l’usage du Misoprostol va fournir davantage d’informations sur ses implications dans la prestation de services de SAA.

Exemples

  • En Colombie et dans la République Dominicaine, l’utilisation du Misoprostol par les femmes pour provoquer l’avortement a nettement augmenté ces quelques dernières années. Un hôpital de référence important en Colombie rapporte que le nombre de patientes admises pour les complications de l’avortement est resté constant durant ces dernières années, mais que la grande majorité des cas actuels sont des cas d’avortement incomplets; on pense que la plupart de ceux-ci sont le résultat de l’utilisation du Misoprostol.

  • En Indonésie, l’avortement est hautement limité et il est nécessaire d’avoir une ordonnance pour le Misoprostol. Il est possible que certains médecins fournissent le médicament aux femmes clandestinement pour stimuler les avortements, dans l’intérêt de réduire la fréquence des techniques d’avortement traditionnelles à risque effectuées par des prestataires non formés.

Leçon 10: Penser pérennisation

La planification à long terme des services de SAA doit aborder des problèmes tels que l’approvisionnement futur en équipement, les ressources humaines, la formation, le sens d’appartenance des programmes et la pérennisation. Parce que de nombreux programmes sont encore à l’état naissant, il faut que le processus de planification pour la pérennisation commence maintenant de sorte que des mécanismes efficaces soient développés dès le départ. Des comités locaux, des groupes de conseils ou des consortiums sont la seule façon de maintenir un dialogue actif avec les ministères de la santé et les prestataires privés et de promouvoir l’inclusion des services de SAA dans les systèmes sanitaires nationaux. Se concentrer sur le développement des capacités et l’existence des "champions" de SAA va également améliorer l’avenir du travail en matière de SAA.

Exemples

Dans de nombreux pays, les questions de pérennisation de l’équipement restent encore à être abordées. Actuellement, les programmes reçoivent des dons d’équipement d’AMIU gratuitement. Une partie du défi réside en ce qu’il faille faire prendre conscience que les dons d’équipement ne dureront pas et en même temps encourager l’intérêt d’accepter les SAA comme étant une nouvelle initiative de programme ou une initiative qui s’élargit.

En République Dominicaine, un échange de formation a été organisé pour que les prestataires d’un site forment ceux d’un autre site en l’utilisation de l’AMIU alors qu’en échange ceux de l’autre site forment le premier site en minilaparotomie. De tels échanges contribuent à la pérennisation des programmes nationaux.

Conclusion

De nombreuses leçons tirées du travail d’AVSC dans le domaine des SAA ne sont pas nouvelles. Les concepts tels que la nécessité de former tout le centre, d’utiliser la supervision facilitative et de planifier une pérennisation à long terme sont tout aussi pertinents aux SAA qu’ils le sont dans l’expérience passée d’AVSC de fournir la PF dans les cliniques et d’introduire de nouvelles technologies telles que la minilaparotomie et la vasectomie sans scalpel. D’autres, par contre, sont spécifiques aux SAA. Notre travail en PF ne nous a exposé qu’indirectement au travail avec les clientes de SAA dans les salles d’urgence où les normes religieuses et culturelles, les règlements légaux et les émotions individuelles des prestataires et des clients se heurtent souvent. Sans aucun doute, alors que nous étendons notre travail en matière de SAA, nous allons continuer à rencontrer à la fois d’anciens et des nouveaux défis ainsi que des réussites en matière de SAA que nous ajouterons à la liste de leçons tirées.


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