|
|
|||||||||||||
UTILISATION DU MISOPROSTOL
POUR LA PRISE EN CHARGE
|
|||||||||||||
Utilisation du Misoprostol pour lavortement incomplet |
|||||||||||||
|
Jusquici, seulement cinq études concernant lutilisation
du Misoprostol pour lavortement incomplet sont parues dans la littérature médicale révue par un conseil de pairs. Il faut
considérer les études concernant la prise en charge de lavortement
incomplet par rapport à la progression normale et la
prise en charge expectative de cette condition et de ses complications. En
comparant lévacuation chirurgicale et le traitement prospectif sur une
période de 72 heures, Nielsen et Hahlin (1995) ont rapporté que lavortement
incomplet est survenu dans 70 pour cent des cas dans le groupe de traitement
prospectif. Le taux de complication était aussi inférieur dans le groupe
de prise en charge expectative (3 pour cent) comparé au groupe de prise en
charge chirurgicale (11 pour cent). Dans une étude expérimentale de 20
patientes, Creinin, Moyer et Guido (1997) ont constaté que 800 mcg dune
dose vaginale était plus efficace que 400 mcg dune dose administrée par
voie orale, avec 88 pour cent dévacuation complète. Tel que le montre
le Tableau 1 ci-dessous, Chung et al (1997) ont constaté lors détudes
dobservation prospectives (sans tirage aléatoire) que 66 pour cent et 79
pour cent des patientes traitées pendant une période de 48 heures avec
trois doses de 400 mcg de Misoprostol pris par voie orale na pas
nécessité de curetage. Un groupe de référence a été traité avec une
dilatation et curetage immédiats et les taux de complications (infection,
recuretage) étaient supérieurs dans le groupe ayant subi le curetage. La
perte de sang na pas été évaluée systématiquement.
Tableau 1. Le Misoprostol pour lavortement incomplet
Source: Chung et al 1997. La seule étude prospective aléatoire documentée (Herabutya et O-Prasertsawat 1997) a comparé 200 mcg de Misoprostol et un placebo sur une période de 24 heures avant le curetage avec succion (voir ci-dessous).
Source: Herabutya et O-Prasertsawat 1997. Trente patientes parmi 42 (71 pour cent) dans le groupe du Misoprostol ont eu un avortement spontané contre 6 parmi les 42 dans le groupe placebo. Toutes les complications sont survenues dans le groupe placebo (trois cas de saignement et de perforation), aucune dans le groupe de Misoprostol. Aucune évaluation systémique de perte sanguine ou de changement de lhématocrite na été effectuée. Dans les études réalisées par Chung et al (1995, 1997) et Herabutya et O-Prasertsawat (1997), le diagnostic de lavortement incomplet a été fait par léchographie endovaginale. Dans la deuxième étude faite par Chung et al, environ un tiers des patientes avec un diagnostic clinique davortement incomplet avaient un utérus vide et navaient besoin daucun traitement. Dans un essai aléatoire de prise en charge expectative pour comparer le traitement chirurgical et la prise en charge expectative davortements spontanés, Chipcase et James (1997) ont démontré quavec moins de 50 mm de tissus présents à léchographie, le curetage nétait probablement pas nécessaire. Aucune de ces études na constaté de risque accru dinfection avec lutilisation du Misoprostol. Une preuve indirecte, issue dune analyse des complications de lavortement au Brésil, a montré une incidence moindre des infections après lauto-administration du Misoprostol par rapport à lutilisation dautres moyens pour provoquer lavortement.
Source: Faundes et al 1996. |
|||||||||||||
Questions restantes |
|||||||||||||
De nombreuses questions demeurent. Quel est le dosage idéal? Quel est la
meilleure voie? Quelle est la perte sanguine? Quels sont les délais optimum
pour la prise en charge médicale dans les milieux aux ressources limitées24
ou 48 heures? Comment établit-on le diagnostic? Par échographiece qui nest
pas pratique dans les milieux isolésou par critères cliniques comme
cela se fait aujourdhui pour lAMIU?
La prise en charge médicale na pas été comparée à lAMIU dans un milieu de SAA avec des travailleurs de soins sanitaires autres que les médecins. Il est clair quil faille effectuer des essais aléatoires prospectifs pour comparer la prise en charge médicale en utilisant le Misoprostol et en utilisant lAMIU, avec davantage de paramètres concernant les résultats par rapport à ce qui a été étudié jusquici (voir ci-dessous).
Il est nécessaire dexaminer la perte de sang, la nécessité de transfusion, le changement de lhématocrite, la grossesse ectopique ratée, lAMIU répétée, le taux dinfections ainsi que les coûts. On peut comparer le diagnostic par échographie et le diagnostic clinique. Si lobservation est possible, la prise en charge expectative pourrait être une troisième branche. Si ces études confirment la valeur et la rentabilité de la prise en charge médicale de lavortement incomplet avec le Misoprostol, on peut prévoir le diagnostic fait par un agent de santé primaire sur le terrain. On commencerait à utiliser le Misoprostol comme traitement de choix et lAMIU serait disponible comme méthode dappoint "programmée" dans des délais donnés si un centre dAMIU était proches, ou comme méthode "urgente dappoint" si le Misoprostol était inefficace dans une période de temps donnée. |
|||||||||||||
Résumé |
|||||||||||||
|
La plupart des études sur le Misoprostol ont confirmé sa sûreté et sa
rentabilité pour linterruption des grossesses jeunes et la résolution
des grossesses arrêtées, soit utilisé tout seul, soit utilisé en
conjonction avec dautres substances. Dans ce contexte, on a constaté que
le Misoprostol est efficace dans lévacuation des produits de la
conception retenus dans 70 à 80 pour cent des cas, ce qui résulte en la
réduction générale de la perte sanguine. Etant donné un tel potentiel,
le Misoprostol pourrait savérer utile comme substance de premier choix
dans les cas davortement incomplet pour contrôler le saignement utérin
en attendant que lévacuation ait lieu soit spontanément soit assistée
par lAMIU dans un une structure sanitaire.
Du fait que la majorité des décès surviennent au niveau où les soins médicaux durgence ne sont pas disponibles, il se peut que le Misoprostol soit un moyen salvateur pratique et accessible peu coûtant . Cependant, avant que cela ne soit possible, il faut entreprendre des études supplémentaires dans divers milieux de soins sanitaires qui permettront de répondre aux questions clés posées dans ce document. |
|||||||||||||
Références |
|||||||||||||
|
Carbonell JL et al. 1997a. Misoprostol 3, 4 or 5 days after methotrexate for
early abortion. Contraception 56: 169174.
Carbonell JL et al. 1997b. The use of misoprostol for abortion at < or = 9 weeks gestation. European Journal of Contraception and Reproductive Health Care 2(3): 181185. Chipcase J and D James. 1997. Randomised trial of expectant versus surgical management of spontaneous miscarriage. British Journal of Obstetrics and Gynaecology 104(7): 840841. Chung T et al. 1997. A medical approach to management of spontaneous abortion using misoprostol. Extending misoprostol treatment to a maximum of 48 hours can further improve evacuation of retained products of conception in spontaneous abortion. Acta Obstetricia Gynecologica Scandinavica 76(3): 248251. Chung TK et al. 1995. Misoprostol in the management of spontaneous abortion. British Journal of Obstetrics and Gynaecology 102(10): 832835. Chung TK et al. 1994. Spontaneous abortion: A medical approach to management. Australian and New Zealand Journal of Obstetrics and Gynaecology 34(4): 432436. Creinin MD, R Moyer and R Guido. 1997. Misoprostol for medical evacuation of early pregnancy failure. Obstetrics and Gynecology 89(5, Pt. 1): 768772. El Refaey H et al. 1995. Induction of abortion with mifepristone (RU 486) and oral or vaginal misoprostol. New England Journal of Medicine 332: 983987. Faundes A et al. 1996. Postabortion complications after interruption of pregnancy with misoprostol. Advances in Contraception 12(1): 19. Fong YF, K Singh and RN Prasad. 1998. A comparative study using two dose regimens (200 microg or 400 microg) of vaginal misoprostol for pre-operative cervical dilatation in first trimester nulliparae. British Journal of Obstetrics and Gynaecology 105(4): 413417. Gonzalez CH et al. 1998. Congenital abnormalities in Brazilian children associated with misoprostol misuse in first trimester pregnancy. Lancet 351(9116): 16241627. |
|||||||||||||
Page locale | Planification familiale | Santé maternelle et néonatale | Cancer du col | Thèmes liés à la santé | Outils pour le formateur | Salle de lecture | Sites Web apparentés | Outils pour le site Web | Recherche sur ReproLine
|
|||
| Conception du site Web copyright © 1995-2003 par JHPIEGO Corporation. Tous droits réservés. | Dernière mise à jour: 09 July 2003 | ||