Le centchroman (Saheli®) est un nouveau produit chimique non stéroödien
qui est commercialisé en Inde, où il a été développé, en tant que pilule
contraceptive à prendre une fois par semaine. Fondé sur des études limitées, le
centchroman semble être un contraceptif oral hautement efficace, sans risque et facile à
utiliser. Aussi, du fait quil ne comporte pas deffets secondaires communément
associés avec les contraceptifs oraux contenant à la fois des strogènes et des
progestatifs, le centchroman pourrait devenir un nouveau contraceptif oral extrêmement
important.
Composition Chimique
La composition chimique du Centchroman est illustrée dans la Figure
1.
Figure 1: Formule Structurale
Structurellement, cest le sel hydrochloride dun dérivatif du chroman qui
est un composé cristallin incolore, avec un poids moléculaire de 493,5. Son point de
fusion est de 163° C. Il est stable sous des conditions normales (Nityanand et
al 1990). A cause de sa structure annulaire aromatique, il est hautement lipophile, une
caractéristique physique partagée par presque tous les stéroödes.
Comment le Centchroman Empêche-t-il la Grossesse?
Dans le corps humain, le centchroman se comporte comme un anti-strogène puissant
mais a aussi de faibles actions strogéniques et antiprogestatives. Ces effets sont
similaires à ceux du citrate de clomifène, médicament pour linduction de
lovulation. Par exemple, Roy et al (1976) ont rapporté que le centchroman peut
induire lovulation si on ladministre chroniquement en doses
journalières de 15, 30 or 60 mg pendant 10 à 20 jours à des femmes qui novulent
pas. Cependant, quand une seule dose (30 à 60 mg) est donnée une fois par semaine en
tant que contraceptif à des femmes en bonne santé et ovulant, le centchroman ne change
pas les sécrétions basales ou pic des gonadotrophines (FSH/LH) ou la production
destradiol et de progestérone (Roy et al 1976). De plus, il ne bloque pas
lovulation. Avec ce dosage et cette fréquence dadministration, les seuls
effets endocriniens relatifs à la reproduction pour ce médicament sont:
- daugmenter légèrement le transport du zygote à travers les oviductes,
- daccélérer la formation de blastocystes, et
- de supprimer la prolifération et la décidualisation de lendomètre utérin.
Apparemment, leffet combiné de ces actions est en mesure de produire assez
dasynchronisme entre le zygote en développement et la maturation de
lendomètre pour empêcher limplantation (Singh et al 1986).
Efficacité du Centchroman Comme Pilule Contraceptive
Les données sur lefficacité contraceptive des 2 essais cliniques
multicentriques de la phase III sont présentées dans les Tableaux 4 et 5.
Dans le premier essai (Tableau 4), 898 femmes ont pris une
dose de 30 mg de centchroman une fois par semaine avec une exposition totale à la
grossesse durant 13,483 mois (12,085 cycles menstruels réels). Le taux de grossesse tel
que calculé par lIndice de Pearl était de 2,84 (Puri et al 1988). Le seul effet
indésirable rapporté fut un retard dans la menstruation (intervalle entre les
saignements supérieur à 45 jours), qui est survenu chez 8 % des utilisatrices (Puri et
al 1988).
Tableau 4. Efficacité du Centchroman
| Plan de létude |
| Essai clinique de la phase III : |
10 centres |
| Horaire: |
une fois par semaine |
| Dose de centchroman: |
30 mg |
| Nombre de femmes: |
898 |
| Durée dutilisation: |
13,483 mois |
| Taux de grossesse (Indice de Pearl): |
2,84 |
Source: Pari et al 1988.
Dans le second essai de la phase III (Tableau 5)
lhoraire pour ladministration du centchroman fut changé pour essayer
daméliorer lefficacité de la méthode. Dans cette étude, les femmes ont
initialement pris une seule pilule de 30 mg deux fois par semaine pendant 3 mois, et par
la suite elles ont pris une seule pilule de 30 mg une fois par semaine.
Tableau 5. Efficacité du Centchroman
| Plan de létude |
| Essai clinique de la phase III : |
11 centres |
| Horaire: |
Deux fois par semaine/une fois par
semaine |
| Dose de centchroman: |
30 mg deux fois par semaine (3 mois) |
| Nombre de femmes: |
30 mg par la suite une fois par semaine
|
| Durée dutilisation: |
376 |
| Taux de grossesse (Indice de Pearl): |
3,959 mois |
| Taux cumulatif de grossesse à 12 mois |
1,83
1,63 ± 0.74 |
Source: Centchroman 1991
Trois cent soixante treize femmes dans 11 centres ont participé à cette étude et ont
eu un total de 3,959 mois (3,397 cycles menstruels réels) dexposition à la
grossesse. Ici, le taux de grossesse calculé par lIndice de Pearl était de
seulement 1,83 femme-année, et le taux cumulatif degrossesse basé sur lanalyse de
la table de mortalité à 12 mois était de 1,63 (Centchroman 1991). Comparé avec le taux
defficacité typique pour les contraceptifs oraux combinés (COC) allant de 0,1 à 8
(Trussel et al 1990), le taux pour le centchroman dans ce deuxième essai clinique est
très encourageant. Le retard dans la menstruation était encore le seul effet
indésirable signalé et nétant survenu que dans 6 % des cycles par rapport à 8 %
dans le premier essai (Centchroman 1991).
Retour de la Fertilité après LUtilisation du Centchroman
Parmi les 37 femmes ayant abandonné le deuxième essai afin de tomber enceinte, 23
(62%) ont conçu dans les 6 premiers mois après larrêt du centchroman, 10 autres
pendant les deuxièmes 6 mois suivant et 3 après 12 mois. Au total, 36 femmes (97%) ont
conçu et ont, paraît-il, eu un bébé normal. La seule femme qui nest pas tombée
enceinte était âgée de 39 ans avec 5 enfants vivants (Centchroman 1991).
Résumé
Selon les données limitées, il se peut que ce nouveau produit chimique
non-stéroödien devienne un nouveau contraceptif oral extrêmement important. A ce jour,
toute évidence tend à indiquer que le centchroman:
est hautement efficace (seulement 1,63 grossesses pour 100 femmes durant
la première année), sans risque et facile à utiliser (un examen pelvien nest pas
nécessaire avant de commencer à utiliser le médicament);
ne comporte pas deffets secondaires communément associés avec
lutilisation des contraceptifs oraux stéroödiens tels que des nausées, des
vomissements, une prise de poids et des vertiges;
ne retarde pas le retour de la fertilité;
ne comporte quun seul effet indésirable, un retard des
menstruations, mais cela ne survient que dans moins de 10 % des cycles et ne devrait pas
décroître les taux dacceptance et de continuation si allié à un bon counseling;
maintient des cycles ovulatoires normaux car la faible dose et le
calendrier de prise dune fois par semaine ou de deux fois par semaine minimise tout
effet sur laxe hypothalamo-hypophyso-ovarien;
na pas deffets indésirables apparents sur la fonction
endocrine, hématologique, du foie et des lipides, et à ce jour na pas été
associé avec de sérieuses complications (crise cardiaque, dattaque
dapoplexie ou de problèmes de thrombose) qui limiteraient sonutilisation par la
plupart des femmes; et
ne semble pas causer danomalies congénitales chez les enfants
nés à la suite déchec à lutilisation.
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