Auparavant, le choix en matière de contraception était limité soit aux méthodes
liées au coöt soit aux méthodes traditionnelles, non efficaces, et aux méthodes
permanentes telles que la ligature des trompes.
Avec l'introduction de la pilule contraceptive, la contraception ne se cantonnait plus
à la chambre à coucher. Les couples n'avaient plus à choisir entre l'utilisation d'une
méthode lors de chaque rapport sexuel ou à recourir à une méthode permanente. Depuis
les années 60 les choix en matière de contraception se sont élargis. Les méthodes
réversibles à long terme telles que les injectables, les DIU au cuivre ou libérant des
progestatifs et plus récemment les implants sous-cutanés Norplant® offrent
maintenant une protection allant d'un mois à dix ans. Tout comme ces méthodes hautement
efficaces sont devenues des options disponibles, les développements techniques le sont
aussi, permettant maintenant d'exécuter sans danger la ligature des trompes en
consultation externe, sous anesthésie locale, et des pratiques de prévention des
infections peu coûteuses mais efficaces. Enfin, l'introduction de la technique de la
vasectomie sans scalpel a représenté une avance considérable en matière de la
contraception masculine.
Futurs Besoins en Matière de Contraception
Alors que le nombre d'options en matière de contraception a augmenté, la gamme de
choix ne subvient pas encore aux besoins de beaucoup de femmes et de couples. L'appui à
cet argument vient de la constatation que des couples estimés à 100 millions disent
qu'ils commenceraient à utiliser des méthodes de contraception si des méthodes et des
services plus convenables étaient disponibles. Aussi, le fait que chaque année 36 à 53
millions de femmes ont recours aux avortements provoqués, dont la plupart sont effectués
dans les pires des conditions et causant un danger considérable à leur vie, est témoin
du besoin d'augmenter rapidement la disponibilité de meilleurs contraceptifs et en nombre
plus important.
Pourquoi la révolution en matière de la contraception n'a-t-elle toujours pas
satisfait auxbesoins de beaucoup de femmes et de couples dans le monde? L'une des raisons
est que la recherche en matière de contraception s'est trop concentrée à développer
des méthodes étant principalement appropriées à être utilisées dans les sociétés
occidentales. Ce n'est que récemment que des efforts en matière de recherche, financés
principalement par le projet Sud-Sud, ont commencé à aborder les besoins particuliers
des femmes dans les régions en voie de développement. Par exemple, il existe un besoin
majeur pour des méthodes réversibles sans risques, efficaces, et abordables
naffectant pas les menstruations ou ne nécessitant pas un examen pelvien avant de
les commencer. Une autre raison est que jusquà aujourdhui, la révolution en
matière de la contraception na pas tenu compte du rô des hommes au niveau du
partage des responsabilités pour satisfaire aux buts du couple dans le domaine de la
contraception. Lun des thèmes présentés récemment lors de la Conférence
internationale sur la population et le développement au Caire et aussi en Chine en 1995
fut que la révolution en matière de la contraception a omis daborder la
nécessité de créer des méthodes nouvelles et meilleures pour les hommes.
Donc, quel avenir la technologie en matière de contraception nous réserve-t-elle?
Alors que lon fait beaucoup de recherche en matière de la contraception, les
progrès dans beaucoup de domaines tels que les implants biodégradables ou les approches
immunologiques sont lents, et cela va prendre des années avant que ces méthodes ne
deviennent disponibles. Donc, plutô que dénumérer rapidement toute la liste des
nouvelles approches sous investigation, jaimerais me focaliser sur la description de
trois contraceptifs les plus prometteurs en cours dexpérimentation. Le premier,
JADELLE, est un implant sous-cutané à progestatif seul de la deuxième génération qui
consiste seulement en deux bâtonnets et dont lutilisation est prête à être
approuvée dans différents pays (Indonésie, Etats-Unis, et Royaume-Uni). Le second, le
centchroman, est une pilule non-hormonale qui doit être prise une fois par semaine. Elle
a été développée principalement grâce aux efforts des chercheurs indiens, lInde
étant un pays où elle est déjà approuvée. Elle est bon marché et ne comporte que peu
deffets secondaires. Si des essais cliniques aléatoires à grande échelle ainsi
quune recherche après son introduction sur le marché confirment les constatations
locales, alors, le centchroman pourrait représenter une percée importante en matière de
technologie de la contraception, particulièrement pour son utilisation dans les régions
en développement. Enfin, la troisième méthode est une méthode hormonale masculine
composée dun androgène, dénanthate de testostérone (ET) combiné avec un
progestatif, le lévonorgestrel (LNG). Bien que cette méthode ne sera disponible que dans
quelques années, les données à cejour sont des plus encourageantes. En outre, cette
méthode représente un jalon dans la direction quest en train de prendre la
recherche en matière de la contraception.
Noel McIntosh, MD, SCD
Professeur Auxiliaire, Université Tulane
Senior Associate, Johns Hopkins University
Président de la Corporation JHPIEGO
Retour à Planification familiale
|